Cogito ergo sum.
Je m’étonne car tu as écrit « Il n'y a pas de continuité et encore moins de lien entre le "je" que tu es ici et maintenant et le "je" que tu aurais pu être tel que tu l'imagines ici et maintenant. » Que signifie alors la phrase « j’aurais pu être quelqu’un d’autre » ?
Le "je" ne désigne pas qu’un pronom personnel[1]. Il désigne quelque chose d’essentiel pour moi. Quand mon corps est frappé, des stimulations électriques (ou électrochimiques, peu importe) provoquent un état mental de souffrance qui me pousse à réagir. Cet état mental, je le ressens, j’en ai conscience. Ce « je » est une véritable réalité.
Tu as écrit : « L'existence, fondement de toute réalité, est une chose différente de ce "je" qui te préoccupe tant. » D’accord, mais l’existence de quoi ? L’existence en soi ne veut rien dire. Je ne comprends pas de quelle façon tu appréhendes le doute cartésien. Tu postules que n’importe quel corps a le même degré d’existence. Mais pour qui ? Car pour chacun d’entre nous, c’est faux. Nous ne sommes que de pauvres êtres humains obligés d’avoir une vision particulière du monde. Il y a certaines choses que l’on connaît et d’autres que l’on connaît moins. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous sommes enfermé dans un « moi », une personne.
Je veux bien croire que je suis dans l’erreur, mais pour l’instant je n’ai pas de preuves convaincantes. Postuler que le cogito est une fiction ne suffit pas. Il faut en fournir la preuve. Bref, pour conclure, je te poserai une question : comment fais-tu pour ne pas être en accord avec le « cogito ergo sum » (Je pense donc je suis) de Descartes ? Encore une fois je trouve que tu postules trop facilement que n’importe quel corps a le même degré d’existence. C’est vrai d’un point de vue général. Mais ce point de vue général, ne serait-ce pas pour le coup une illusion ?
[1] Et d’ailleurs ça ne veut rien dire. Ce n’est pas parce que je dis que « tomate » est un nom commun que j’ai expliqué ce qu’est une tomate.