La contingence de mon existence.
Bien sûr que je ne peux qu’imaginer être quelqu’un d’autre (je ne peux l’être réellement). Mais là n’est pas la question. J’aimerais savoir si j’aurais pu être quelqu’un d’autre.
Il me semble que tous les hommes ont en gros la même sensibilité, la même sensation d’exister. De plus, la communication entre êtres humains est assez puissante, de sorte que l’on est capable de comprendre assez profondément ce que ressentent les autres. Je peux me sentir très proche de plusieurs personnes (et même d’un très grand nombre si je connaissais les 6 milliards d’habitants de la terre, la barrière de la langue mis à part).
C’est la raison pour laquelle la réponse à cette question est pour moi oui. Je n’ai rien de fondamentalement différent. Je serais même plutôt banal. J’aurais pu mourir à l’âge de quelques mois, mais les médecins m’ont sauvé. J’aurais pu être moins intelligent, ou plus intelligent.
Ma transcendance est une vue de l’esprit. Certes, mais elle existe. C'est-à-dire que je suis capable de définir un « moi » indépendant de la contingence de ma naissance.
En effet, ce « moi » ne dépend pas de ma nationalité, de l’époque à laquelle je suis né. J’en suis convaincu. Pourquoi ? Parce que justement je constate que les autres ne sont différents de moi que par des détails. Même les peuples les plus éloignés de ma culture d’origine sont constitués de personnes ayant la même faculté d’imagination, de transcendance. Ils ont la possibilité d’identifier au sein de leur personnalité une « partie profonde » qui aurait pu « être ailleurs ».
Alors, avant d’aller plus loin, je te pose la question suivante :
Ce « moi » (qui est une vraie réalité pour chacun d’entre nous) dépend-il des avatars de mon expérience, de l’acquis et de l’inné ou est-il commun et essentiellement identique pour tous ?
Attention : je n’évoque pas ici l’ensemble de ma personnalité avec tous ses détails mais ce que je définirais comme « ma sensation d’être », qui existe quelque soit les péripéties de ma vie : dans quelques années, peut-être que j’irai vivre à Madagascar, aux USA. Peut-être resterai-je en France. Mais quoiqu’il arrive, je resterai moi, j’en suis sûr.