Nous ne pouvons pas faire comme si notre esprit n'existait pas.
Tu as écrit : « J'use de ma raison pour parvenir à la certitude de mon existence (cf. le cogito !) et j'use également de ma raison pour parvenir à la certitude de l'existence d'autrui (réfutation pratique et inévitable du solipsisme et du scepticisme radical). » On utilise toujours sa raison (au sens large), même pour faire de la poésie. Si l’exercice auquel je m’astreins est différent, c’est toujours mon esprit (et rien d’autre) qui travaille.
Tu as écrit : « Le fait que tu sois conscience d'emblée (primauté phénoménologique de l'esprit) ne dit rien sur la nature de cette conscience et implique […] une approche objective. »
Pourquoi ? Pour ma part, intuitivement, j’aurais plutôt écrit « approche subjective ». Avoir une approche objective à propos d’une chose suppose que l’on considère cette chose comme objet extérieur. Ce genre de méthode est tout à fait adapté aux mathématiques, à la physique… mais franchit la limite de son domaine de validité lorsqu’elle s’attaque au problème de l’origine de la conscience. J’use toujours de ma raison, de mon esprit. Je n’utilise ni l’esprit de quelqu’un ni une raison impersonnelle qui viendrait d’ailleurs. Quand je raisonne, ce n’est toujours que moi qui raisonne. Peut-on considérer sa propre raison, sa propre conscience comme quelque chose d’extérieure à … sa raison ?
A mon sens, le point de vue objectif ne peut être proféré ici que par quelqu’un qui n’aurait pas de « moi », pas de « sentiment d’exister » personnel.
Je pense que tu ne seras pas d’accord. A quel endroit donc mon argumentation est-elle abusive ?