Nous sommes d'accord (ou presque).
Tu as écrit « Le matérialisme et le spiritualisme sont des doctrines métaphysiques indémontrables. »
Je récapitule la principale hypothèse du matérialisme : certains processus cérébraux objectifs, assimilables à un fonctionnement mécaniste (noublions pas que dans lhypothèse matérialiste, aucune intelligence na « voulue » créer, fabriquer le cerveau humain) sont à lorigine de la conscience de soi.
Si jai bien compris, le matérialiste nous demande de « croire » en cette hypothèse, sans la démontrer. Et pourquoi devrait-on y croire ?
Il faudrait croire quil existe un processus physique si puissant quil est capable de se comprendre lui-même, de créer la subjectivité. Mais comment fait-il ? Cest ce que jaimerais savoir. Je ne veux pas simplement quon me dise « il faut avoir la foi » mais des preuves solides. Si cest encore une question de foi, je préfère alors à la limite me tourner vers la religion.
Tu as écrit : « nous sommes d'accord sur la valeur axiomatique du cogito cartésien : impossible de poser quelque proposition que ce soit sans un sujet pour ce faire. »
La condition a priori est donc que « jexiste », que je « pense ». Je suis daccord. Mais alors je te pose la question : que peut-on en déduire ?
Que signifie donc « condition a priori » ?
On veut me faire croire que les processus cérébraux transcendent la conscience alors que la compréhension de ces processus nest quun sous-produit de ma propre conscience : pour Kant, l'homme ne connaît pas les choses "en soi", mais "telles qu'elles lui apparaissent d'après les principes de son organisation comme être sentant et pensant".
Il a aussi écrit un jour : "
Je trouve déjà étonnant quil « existe quelque chose qui échappe à la science par nature » (ce nest pas du tout le point de vue matérialiste). Et cette chose, comment expliquer son existence ?
Alors quelle est la condition a priori ? Quelle est la première certitude que lon peut avoir et à partir de laquelle on peut commencer à déduire ?
Tu las dit toi-même : le cogito.
Quand on me tape, je souffre. Quand on fait du mal à lautre, la souffrance relève davantage de la compassion (soumise au libre arbitre). Cest une différence fondamentale qui illustre, si besoin était, la valeur axiomatique du cogito.
PS : comment vit une bactérie ? Les chercheurs ne le savent pas encore. Est-on capable de faire vivre un conglomérat de molécules ?
PPS : tu as écrit tout à lheure : « il se pourrait fort que ton 'esprit' ne soit qu'une fiction utile à la simplification de processus cérébraux dont tu n'as pas idée. » Alors que tu avais écrit « le cogito a une valeur axiomatique ». Ces 2 phrases sont en contradiction totale.
Si mon esprit est une fiction, TOUT est une fiction.