Quelques précisions (pour Loïc).
Tu as écrit :
« Ce qui n'empêcherait nullement que chacun d'entre vous, d'un point de vue phénoménologique (expérience privée, subjective), ayez une sensation d'unicité ! Cette sensation reposant simplement sur vos deux existences physiques séparées ! Capiche ? » J’ai répondu, fort logiquement :
« 2 verres identiques ont deux existences physiques séparées mais pourtant aucun d'entre eux n'a (jusqu'à preuve du contraire) de sensation d'unicité! »
Car c’est toi qui as écrit (voir extrait plus haut) : la sensation d’unicité repose sur nos deux existences séparées. Je ne voulais que mettre en évidence « l’absurdité » de cette phrase. Car si j’ai l’impression d’être unique, c’est parce que justement j’ai conscience de moi (or la question qui nous intéresse est « pourquoi ai-je conscience de moi ? »). Je sais que je ne suis pas quelqu’un autre, même si cet autre me ressemble parfaitement. Tu as également écrit : « Voilà l'erreur de ton argumentation : tu n'es pas capable de faire la différence (par la démonstration) entre ta conscience et celle de ton clone. Tout ce que tu fais effectivement, c'est revendiquer, en tant qu'existant séparé de ton clone, ton unicité. Ton clone, de son côté, peut faire exactement de même. Ce qui vous rend terriblement semblables. Sauf du point de vue phénoménologique où chacun a son expérience propre, en vertu de son existence séparée. Mais cette expérience est la même, d'un point de vue objectif. »
Chacun a son expérience propre, non pas en vertu de son existence séparée mais parce qu’il a conscience de soi. Je sais quand même que je suis moi : je n’ai pas besoin de le démontrer. Peut-être qu’avec le temps, les gens arriveront à faire la différence entre moi et mon clone, mais moi, je sais que je suis moi dès le début.
Et pourquoi suis-je moi et pas un de mes clones ? Les atomes, les connexions de mon cerveau ne savent pas pour qui ils « travaillent ». Ils font leur boulot de manière objective.
Il pourrait exister des centaines de clones de ma personne, je ne ressentirai que les turpitudes d’un seul corps : le mien. Et pourquoi celui-là ? On me répondra parce que c’est le tien ! Mais ça n’est pas une réponse, on me renvoie simplement ma question.
On m’a répondu une fois que cette question n’avait pas de réponse. C'est-à-dire que le raisonnement rationnel n’est pas capable de fournir une réponse à la question qui m’obsède : « pourquoi suis-je moi et pas quelqu’un d’autre ? »
Est-ce à dire qu’on a atteint les limites du raisonnement rationnel ? Bref, pour bien faire, je ne devrais pas me poser de questions métaphysiques, je ne devrais pas avoir conscience de moi. Très cordialement (il faut bien que je sois poli pour que l’on continue à supporter mes élucubrations).