Je sais que je ne suis pas quelqu'un d'autre.
Je pose une question : où sont les erreurs de raisonnement (citer le numéro de létape) ?
Quest ce qui est unique exactement chez moi (comme chez nimporte qui) ?
Il est vrai que nimporte qui est unique (même des jumeaux ont une expérience de la vie différente). Cependant, le fait que jai conscience de moi au sens où je lai défini (c'est-à-dire le fait de savoir que je ne suis pas un autre) ne dépend pas de mon histoire, ni de ma naissance.
Cest dans ce sens quil faut comprendre la phrase suivante : Ma conscience nest pas unique. Dun point de vue objectif, je suis absolument quelconque.
Reprenons (étape0) :
- la « forme » que prend ma personnalité, ma conscience dépend de mon histoire (gènes, éducation, expérience...)
- le fait que jai une conscience, une sensibilité, une subjectivité par contre nen dépend pas.
Je suppose que nous sommes daccord sur ce point (me dire si ce nest pas le cas). Ce qui mintéresse, ce nest pas ma personne en particulier et ses avatars (lieu de naissance, pays dorigine, taille, sexe, milieu social, caractère, etc..) mais le fait de penser et davoir conscience de moi.
Etape1 :
Considérons que la conscience en général est un produit de la « machine biologique très complexe et malléable » quest le cerveau.
Il existe des millions de machines humaines au sein desquels se produisent des processus sophistiqués dont certains sont à lorigine de la conscience de soi. Je fais partie de cet ensemble.
(étape 1a : peut-on la valider ensemble ?).
Etape 1b :
Jen arrive, en faisant cette hypothèse, à considérer ma propre conscience comme un processus parmi tant dautres. Appelons X le processus qui amène à lémergence de la conscience (processus très élaboré, sans doute).
Etape 1c :
Ce processus existe et est le même pour tout le monde. Je rappelle que le fait davoir conscience de moi nest pas une particularité (étape 0). Je peux donc considérer que X est identique, fonctionne de la même façon pour tout le monde.
On ma objecté que comme chacun dentre nous est unique, X nest pas le même pour tous.
Je suis daccord, mais dun individu à lautre, il ne diffère que par des modes de fonctionnement. X serait un peu comme un logiciel à la structure très élaborée. Il est utilisé différemment au niveau de chaque individu. Très malléable, il peut aussi évoluer au cours du temps.
Mais pour pouvoir faire tout ça, il faut quil ait une structure de base, commune à chacun dentre nous puisque nous avons tous à peu près les mêmes capacités. Sommes nous daccord ?
Etape 1d :
Or ma conscience, X, a quelque chose de fondamentalement particulier pour moi.
Il suffit de prendre lexemple de la douleur. Quand jai mal, je sais que ce nest pas quelquun dautre qui a mal. Si on ne peut être sûr de ça, de quoi peut-on être sûr ?
Quand on me donne un coup de marteau sur le doigt, quand on me frappe, quand je tombe de vélo, mon corps est heurté, meurtri. Linformation « douleur » va jusquà la partie du cerveau qui a conscience de moi. Cest à ce moment que moi, conscience, sais que jai mal au doigt (par exemple).
Si lon regarde ces processus de manière objective, il ny a aucune raison pour quils aient une telle particularité.
Etape 1d bis :
Tout processus est un objet, un système que lon regarde de façon objective, c'est-à-dire extérieur. Cest une suite dévènements physiques (ou autre) que lon observe puis éventuellement que lon explique.
Considérer sa propre conscience comme un objet extérieur (à sa propre conscience) est pour moi un abus de langage, une erreur de raisonnement.
Etape2 :
Les idées, les raisonnements, les démonstrations ne prennent « vie » que dans lesprit des gens. Il nexiste pas didée sans que une ou plusieurs personnes la conceptualisent. Une idée pour exister a besoin dêtre « pensée », donc dêtre pensée par au moins une personne.
Tu as écrit : « Impossible pour quelqu'un d'autre que toi de connaître le sens précis que tu donnes à tel ou tel terme lors d'une discussion philosophique ».
Je suis daccord : le point de vue totalement objectif nexiste pas. Personne na le bon point de vue, le vrai sens de chaque terme. Cest dailleurs la raison pour laquelle il est si difficile de communiquer.
Ma subjectivité est omniprésente. Lobjectivité nest quun état passager dune personne. On essaie dêtre objectif lorsquon discute sérieusement avec quelquun, quand on veut faire des maths (par exemple), mais on est soi toute la journée, toute la vie.
Notre conscience nous transcende, nous enveloppe. Vouloir en faire un « objet », un processus, est (encore une fois) un abus de langage.
PS : je ne remets pas en cause les travaux des Churchland.