Arrivée à Tananarive.
Je nai parlé à personne depuis au moins 1 journée. Cest ça aussi laventure. Mon voisin na pas lair très bavard. De toute façon, je ne le suis pas plus et cest sans doute la raison pour laquelle nous navons pas échangé un mot durant les 10 dernières heures. Jai vraiment hâte darriver et je ressens à la fois de lenthousiasme et de linquiétude à propos de ce qui mattend là-bas. Lavion entame sa longue descente vers Tananarive. Je vais bientôt voir une terre que je nai jamais vu, visiter une ville qui mest totalement étrangère. Par le hublot japerçois les paysages sauvages de la grande île. La rougeur du sol métonne quelque peu et me donne encore plus envie de découvrir ce pays.
Au départ de Paris, je voyais de grandes routes éclairées et plein de voitures, collées les unes aux autres, avançant avec difficulté. Ici, la nature semble avoir plus de place et il ny a pas toute cette circulation congestionnée qui rend fou les citadins. Je vois quelques maisons dune drôle de figure mais plutôt mignonnes. Il y a bien quelques routes et quelques véhicules mais rien de comparable avec ce qui est pour moi une grande ville. Et pourtant jai limpression que nous allons bientôt atterrir. Arrivons nous vraiment à Ivato, laéroport de Tananarive ?
Les roues entrent en contact avec le sol avec une relative brusquerie. Une certaine angoisse menvahit quand je sors du boeing 747 qui nous emmenait. Vais-je avoir mon visa ? Comment est cet hôtel « Panorama » où je suis sensé dormir ce soir ? Je naime pas trop ne pas savoir.
Lattente aux douanes est longue mais finalement se déroule sans problème : contre une petite somme dargent, jai pu avoir les papiers nécessaires pour me balader dans tout Madagascar pendant 3 mois. Dès la sortie de laire réservée aux voyageurs, une foule de porteurs me propose ses services (un peu comme au Cameroun) mais moi je ne cherche quune chose : la pancarte « Nouvelles Frontières ».
Juste après lavoir trouvé je cède le port de mon sac au plus insistant des jeunes malgaches qui me suivaient et je monte dans le minibus qui nous était réservé. Je dis « nous » parce quun autre « vazaha » maccompagne. « Vazaha » est le terme qui désigne les étrangers blancs (en tout cas je crois). Je vais lentendre souvent ce mot, jai limpression. On le croirait tout droit venu des îles du pacifique. Ce nest sans doute pas un hasard puisque le malgache est une langue malayo-polynésienne, c'est-à-dire parente de langues comme le malais, lindonésien, le javanais, le pilipino, mais aussi le maori, le tahitien
Un exemple parmi dautres : si vahiné en tahitien signifie étranger, en malgache cela signifie accueil, hospitalité (concept qui, vous me laccorderez, a de gros liens avec celui détranger).