Spinoza.
Extrait de lintroduction de lEthique par Roland Caillois.
« Pour Spinoza, tout valait dêtre pensé, non dêtre vécu au point dy perdre le salut. Car il reconnut vite que la seule joie, la seule vraie vertu, est de comprendre. Comprendre cest vivre en vérité. « Le bénéfice que jai retiré de mon pouvoir naturel de connaître pouvoir que je nai jamais trouvé en défaut ma rendu heureux. Car jen tire de la joie et je mefforce de vivre non dans la tristesse et les gémissements, mais dune âme égale, dans la joie et la gaîté » (Lettre XXI).
La liberté de penser, la liberté dêtre raisonnable, cela se paie très cher et Spinoza le sait. Il comprend vite que la vie ordinaire ne contient rien que de vain et de futile et que, si lon veut accéder au seul bien qui procure éternellement la joie, on ne peut composer avec les faux biens. On les possède moins quils ne vous possèdent. Les richesses, les honneurs, la sensualité divertissent lesprit de lui-même et préparent sournoisement lextrême tristesse. Il faut rompre avec eux sans retour.
Ces moments de difficile pensée furent dabord rares et courts, puis ils devinrent plus fréquents et plus longs, surtout quand il eut compris que ces biens trompeurs ne sont absolument mauvais que dans la mesure où on les recherche pour eux-mêmes. Dès lors, Spinoza ne méprisa plus ni largent, ni le plaisir, car qui les hait avec passion nest pas moins obsédé que celui qui les adore. Sil vécut pauvre et frugal, ce ne fut pas par ascétisme ni sacrifice, mais parce que sont intérêt était ailleurs que dans largent et la chair, parce quil commençait à connaître les choses impérissables et quelles lui paraissaient très désirables ».
Cet homme avait aussi beaucoup de courage. Il a frôlé plusieurs la mort pour témoigner en faveur de la Vérité. Un vrai témoin de Jéhovah ( ?!), au sens propre.