A quoi cela sert de préserver l'espèce humaine?

Publié le par Miteny

Le titre est volontairement provocateur. Mais enfin, si nous nous plaçons dans une perspective matérialiste, l’espèce humaine peut être considérée comme un accident. Elle est apparue par hasard et disparaîtra probablement par hasard, un jour. En tout cas, elle n’est pas éternelle (selon les théories cosmologiques les plus abouties, l’univers lui-même ne l’est pas).  

 

Alors vouloir la préserver de l’autodestruction, est-ce bien rationnelle ? 

 

En effet, la vie de chaque être humain serait (dans cette perspective) finie. Si nous considérons que la durée d’existence de l’espèce humaine a une quelconque importance, nous considérons que le bonheur de la collectivité est important.  

 

Le bonheur de la collectivité est la somme des bonheurs de chaque individu (en admettant que ce dernier soit mesurable… ce qui est peut-être scientifique mais en tout cas absolument pas rationnel !). C’est donc une valeur finie (puisque chaque vie a une durée limitée et que l’espèce humaine n’est pas éternelle).  

 

Et l’on voudrait me faire croire que la valeur de cette intégrale est importante ! Pour qui ? Le même problème se pose pour la mort. Il paraît que c’est important de vivre 10 ans de plus alors qu’au moment du décès, la vie passée paraît TOUJOURS avoir été très courte.  

 

Tout ceci me semble bien irrationnel. Surtout de la part de personnes dont la seule référence est la raison.  

 

Certains me diront « Dieu existe, et alors ? ». Je répondrais que la démonstration de son existence pourrait (peut-être) ranger quelque peu le désordre conceptuel qui règne dans certains esprits et donner les vraies raisons de l’importance du respect et de la sauvegarde de l’espèce humaine, de l’environnement…

 

 

 

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tzenga 14/08/2005 22:00

Wow !!
Je vais courir à la librairie pour lire Thomas NAGEL !!

Sérieux ça à l'air terrible !!

Heureusement que y'a des trucs qui ont été traduit en frenchie pasque je cause pas l'english !!!

Loïc Talmon 11/08/2005 18:45

Le problème, dans ta démonstration, est que tu crois pouvoir te placer du "point de vue de nulle part" (the view from nowhere, cf. Thomas Nagel) alors que tu es nécessairement situé de ton point de vue d'humain particulier, inscrit dans l'espace et dans le temps. Et puis, à te suivre, je pourrais tout aussi bien conclure "à quoi bon préserver la vie de miteny ?" et venir te tuer sur le champ. Où est la différence en somme, puisque de toute manière tu vas mourir ? Alors aujourd'hui ou demain... Et puis, poussé à l'absurde, ton raisonnement débouche sur des énormités éthiques : les génocides qui ont eu lieu à travers le monde n'ont fait que précipiter un peu la victoire finale de l'entropie universelle, alors à quoi bon s'en offusquer ? Sauf que les victimes ne l'entendaient certainement pas de cette oreille... Mais enfin, en passant outre toutes ces impasses rationnelles, il reste... la réalité biologique : ton organisme ne veut pas mourir ; la réalité psychologique : ton esprit ne veut pas disparaître ; la réalité affective : tu ne tiens pas à voir disparaître les personnes que tu aimes. Trois piliers qui à eux seuls suffisent à infirmer définitivement ton interrogation. Cela dit, s'il te reste quelques doutes, tu peux toujours adhérer au VHEMT !

Cordialement.