3. L'exécutable "conscience de soi" n'existe pas.

Publié le par Miteny

Avant d’intégrer lui-même son monde virtuel, Marc V. crée une population d’« ordinateurs conscients » à son image. Parmi eux, A1 et B1. A1 et B1 sont parfaitement identiques : même mémoire, même corps virtuel, même logiciel de gestion. 

Comment A1 sait-il qu’il est A1 ? Par l’énoncé de ces caractéristiques, le contenu de sa mémoire (bien plus grande que celle des ordinateurs actuels). Il sait aussi qu’il n’est pas B1 parce que B1 est autre, extérieur à son système. 

 

Si Marc change l’une de ces caractéristiques, il saura qu’il est toujours A1 parce qu’il aura en mémoire le passé. Mais s’il change toute la mémoire, que se passe-t-il ? A1 n’aura plus aucun souvenir et donc ne saura plus qu’il est A1 (sauf s’il existe une procédure « tu es A1 », mais c’est une marque du passé). Il sera « quelqu’un d’autre ». 

 

A moins que Marc ne lui ait fourni une procédure cogito. Cette procédure lui permettra de répéter « je pense donc je suis ». Cette phrase n’aura cependant pas de sens pour lui. Comment pourrait-elle en avoir ? En effet, ce « je » ne fait référence à aucune de ses caractéristiques mais seulement au fait d’exister. 

A1 ne sait pas qu’il existe. Il ne peut que dire « j’existe » parce que Marc V. aura programmé l’énoncé de cette phrase, alors que de fait, le cogito, la certitude d’exister sont irréfutables pour nous autres, êtres humains. 

Tu me répondras que cette certitude d’exister est due à une sécrétion d’hormone, une réaction chimique. Mais toute réaction chimique est un phénomène physique (reproductible informatiquement). Et tout phénomène physique peut s’apparenter à une opération mathématique du monde virtuel de Marc V. 

Pourquoi ne peut-on pas décrire rationnellement ce processus ? Pour A1, ce cogito n’est qu’une phrase et ne fait référence à rien de concret. Ce qui n’est pas le cas pour l’être humain. 

 

Tout phénomène physique peut être compris de manière rationnelle et possède donc une représentation mathématique pouvant le décrire. Par conséquent 2 phénomènes physiques équivalents ont des conséquences équivalentes, de n’importe quel point de vue. Ce n’est pas le cas de la conscience. 

 

Sinon, comment A1 peut-il avoir conscience de lui-même ? Quel est l’exécutable correspondant ? C’est ce que j’aimerais savoir.

 

 

 

Publié dans L'histoire de Marc V.

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Jean Louis 30/06/2006 13:43

Et si on arrêtait de se raconter des histoires sur cette prétendue conscience de soi....Une autre approche qui sort des sentiers battus par la raison (cette prétentieuse), celle de
Uppaluri Gopala KRISHNAMURTI. Morceaux choisis commentés sur :
http://dualite.over-blog.org

Primavera 15/08/2005 09:53

Miteny tu vois bien que l’on ne peut forcer celui qui ne veut pas, à avoir la foi : certains philosophes comme Kant ont bien démontré que la liberté était acte de volonté.

Autrefois, aux temps de l’obscurantisme, croire en Dieu revenait à se soumettre aux forces surnaturelles provenant d’un au-delà vertical, transcendant et extérieur à l’homme. Depuis que la science a apporté une nouvelle vision du monde, pour les croyants Dieu est apparu provenir d’une source plus proche, plus horizontale, plus intérieure à l’homme (façon Descartes ou à la manière panthéiste de Spinoza). Mais dans tous les cas Dieu reste un acte de foi et non de preuve ni de démonstration.

Aujourd’hui l’indémontrable "conscience de soi" est pour celui qui trouve en Dieu son réconfort, une quasi preuve de Dieu au moyen par exemple du constat irréductible "je pense donc je suis". Mais pour celui qui trouve en lui de bonnes raisons de refuser la foi, il lui suffit au contraire de s’appuyer sur l’impalpable et inexpliquée conscience de soi pour en conclure à la non vérité de Dieu puisqu’à ce jour personne ne sait exactement en quoi consiste cette fameuse conscience de soi, et qu’on pourrait aussi bien admettre qu’un robot très perfectionné finira avec quelques progrès à en posséder une…..
Tu ne forceras jamais un incroyant à croire en Dieu puisqu’il a la liberté de foi et qu’il veut croire au non Dieu.

Loïc Talmon 11/08/2005 18:43

J’ai bien compris que tu n’étais pas d’accord avec moi. Mais, ma seule façon de te faire comprendre mon point de vue est de te poser la question suivante : comment sais-tu que tu existes ? (ou : pourquoi es-tu si convaincu de ta propre existence ?)
Tu m’avais déjà répondu « c’est ma conscience qui me permet de savoir que j’existe ». Puis, quelques commentaires plus loin, tu écris « la conscience est une chimère ». C’est pourquoi il me semble important que tu répondes à ma question de manière claire.
Une fois ce point résolu, nous essaierons de voir s’il est possible de fabriquer un exécutable « conscience de soi ».

>> Mais j'ai déjà répondu à ta question et plus d'une fois ! 'Je' (concept à définir) sais que j'existe par un simple raisonnement logico-discursif : "je pense donc je suis". C'est une condition nécessaire à toute autre propositionn (axiome d'existence), certes, mais ce n'est en rien une condition suffisante pour déterminer ce qu'est ladite 'conscience' soi-disant capable de retour sur elle-même et de plein d'autres choses extraordinaires (alors qu'à l'évidence, tout ce que tu as avec le cogito, c'est une conclusion logique, c'est tout).

PS : Tu dis « cette conscience que tu adules est incapable de déterminer par quels mécanismes psychologiques et/ou neurologiques tu en viens à penser telle pensée particulière ». Je dirais plutôt que c’est la science qui en est bien incapable. Elle prétend expliquer l’apparition de la vie, la structure de l’univers (sa naissance etc..), l’évolution de l’homme et elle est incapable de nous expliquer pourquoi nous avons conscience de nous-même. Je trouve qu’elle manque singulièrement d’humilité (peut-être un peu comme moi d’ailleurs :)

>> Tu refais la même assimilation illégitime entre le pourquoi et le comment. La science ne prétend jamais répondre au pourquoi des choses (domaine de la métaphysique, interdisant tout test empirique et sortant du cadre de la rationalité) mais simplement au comment (mécanismes, processus, toutes choses empiriquement testables, mesurables, expérimentables). Aussi je crains que ton procès d'intention ne soit que poursuite de vent.

miteny 11/08/2005 13:00

J’ai bien compris que tu n’étais pas d’accord avec moi. Mais, ma seule façon de te faire comprendre mon point de vue est de te poser la question suivante : comment sais-tu que tu existes ? (ou : pourquoi es-tu si convaincu de ta propre existence ?)
Tu m’avais déjà répondu « c’est ma conscience qui me permet de savoir que j’existe ». Puis, quelques commentaires plus loin, tu écris « la conscience est une chimère ». C’est pourquoi il me semble important que tu répondes à ma question de manière claire.
Une fois ce point résolu, nous essaierons de voir s’il est possible de fabriquer un exécutable « conscience de soi ».


PS : Tu dis « cette conscience que tu adules est incapable de déterminer par quels mécanismes psychologiques et/ou neurologiques tu en viens à penser telle pensée particulière ». Je dirais plutôt que c’est la science qui en est bien incapable. Elle prétend expliquer l’apparition de la vie, la structure de l’univers (sa naissance etc..), l’évolution de l’homme et elle est incapable de nous expliquer pourquoi nous avons conscience de nous-même. Je trouve qu’elle manque singulièrement d’humilité (peut-être un peu comme moi d’ailleurs :)

Loïc Talmon 10/08/2005 18:10

Mais non, justement, je ne sors pas de moi-même, j'accepte ma prison cognitive et je me borne à en formuler les constats. Je fais l'expérience du cogito : "je pense, donc je suis". Mais cette proposition n'est qu'une démonstration logico-discursive ; elle ne me dit rien sur cet esprit qui pense et que je suis. Cette conscience que tu adules est incapable de déterminer par quels mécanismes psychologiques et/ou neurologiques tu en viens à penser telle pensée particulière et tu oses parler de 'conscience de soi' ? Quant à prétendre être un zombi, tu inverses l'ordre de la logique : ce n'est pas à moi de démontrer que je ne suis pas un simple zombi (= une machinerie biologique complexe de laquelle émerge certaines facultés cognitives) mais bien à toi de me prouver que tu es plus que cela (= ?). Je me fonde sur le rationnel et l'empirique, tu prétends aller au-delà, aussi il me semble que c'est toi qui sombres dans l'irrationnel, pour le coup.