Mon argumentation n'est pas encore au point.

Publié le par Miteny

Mon problème n’est pas artificiel. Je ne vois pas pourquoi il n’existerait pas de réponses (même à des questions stupides… toute question stupide est stupide parce que la réponse est évidente). Si le fonctionnalisme (ou le scientisme) est incapable de répondre à une question, c’est peut-être parce que ses hypothèses de départ sont fausses. Je ne vois pas pourquoi j’accepterais le fait que je suis telle personne sans poser de questions. La raison est censée être capable de tout expliquer.  

 

Je constate simplement que le monde sans un « moi » est une fiction, une vue de l’esprit : si le monde existe, c’est avant tout parce que il y a un « moi » qui sait qu’il existe (attention, je n’ai pas dit que le monde n’existait pas en dehors de ma représentation). Et il est vraiment étrange de penser que « je » existe obligatoirement, alors qu’il est clair que, d’un point de vue objectif, j’aurais très bien pu ne pas naître ou mourir à la naissance 

 

En d’autres termes : 

 

1. Le point de vue objectif du fonctionnaliste considère que la réalité du monde ne dépend de personne. Le monde est, c’est tout. 

2. Mais même pour le fonctionnaliste, un monde sans lui n’est plus réel, c’est une fiction, une vue de l’esprit. 

3. Donc le point de vue objectif du fonctionnaliste (qui considère que le monde est réel de toute façon, avec ou sans lui) est abusif. 

 

Je ne suis pas encore au point dans mon argumentation, mais je te poserai tout de même une question : Le fonctionnaliste a-t-il le droit de considérer son propre esprit (dans ce qu’il a de plus général) comme un objet d’étude extérieur ?

 Pour illustrer mon propos, j’ai écrit une petite histoire de science-fiction. Ça ne vaut pas grand-chose, mais j’en avais envie. 

http://sanspretention.over-blog.com/article-665042.html

 PS : « Sans cerveau, pas de conscience ». Par souci de rigueur, j’émets un doute sur cette proposition. Je ne dis pas que je crois aux fantômes (ou autres esprits sans corps), mais que je me permets de ne pas considérer comme certaine une affirmation qui ne l’est peut-être pas. Ce qui est sûr, c’est que sans ma conscience, je ne pourrais pas savoir que j’ai un cerveau.

 

 

Publié dans Pas à pas.

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Primavera 13/09/2005 08:03

Pour Kant ce n'est pas vraiment question de goût. Je considère très objectivement qu'il est incontournable pour la pensée philosophique moderne, et qu'on ne peut guère se passer de lui à l'appui de discussions sur les thèmes que nous avons abordés.

A +
et merci aussi à Miteny de nous "prêter" aimablement son blog ;-).

Loïc Talmon 12/09/2005 18:19

Primavera

>> Entre les discours métaphysiques et religieux creux et indémontrables et un empirisme radical, il y a, à mon sens, le rationalisme critique dont Popper est la figure la plus connue et - en de nombreux aspects - la plus intéressante. Je vous avoue ne pas aimer Kant plus que ça, pour de nombreuses raisons qui dépassent largement le cadre de ce commentaire.

Merci de m'avoir accompagné sur ce petit bout de chemin philosophique.

toujours_pas_folle 12/09/2005 14:20

Bonjour Primavera,

J'avoue que ton explication ne m'a pas permis de mieux saisir en quoi l'approche métaphysique était valide, mais bon, ce n'est pas très grave.

Peut-être à+ dans d'autres sphères.

Primavera 12/09/2005 13:48


Serions-nous donc parvenus tant bien que mal à convenir de la possibilité de rationalité dans les raisonnements métaphysiques, même s’il faut y mettre comme condition le passage obligé par la connaissance pragmatique… ;-).
Faut remonter à ce que je disais au début : je ne crois pas avoir vraiment prétendu le contraire. Mais je maintiens tout de même qu’on aurait tord de vouloir établir des frontières infranchissables dans les diverses démarches que possède l’esprit pour atteindre une connaissance digne de ce nom.
Maintenant que l’histoire semble vouloir dépasser le stade des dogmes religieux, entrons plutôt dans l’ère de l’esprit critique inaugurée par Kant, et pour vouloir sortir des querelles métaphysiques n’allons pas pour autant nous enfermer, à l’autre extrême, dans le scepticisme dur et les dogmes empiristes.

Loïc Talmon 12/09/2005 01:03

Primavera

>> Sur la question du réalisme, je ne crois pas me contredire. Je distingue en effet - à la suite de nombreux philosophes - rationalité philosophique et rationalité pragmatique. Si je conclus au réalisme métaphysique, ce n'est pas au terme d'un raisonnement philosophique, mais bien par défaut et en m'appuyant sur la rationalité pragmatique : le fait de reconnaître une réalité indépendante de mon esprit est un postulat sur lequel je me fonde dans ma vie quotidienne, lorsque par exemple je regarde à gauche et à droite avant de traverser la route. Cela dit, si je m'en tenais à la pure rationalité philosophique, cette question ne saurait recevoir de réponse, comme toute question métaphysique. En fait, pour moi, la métaphysique renvoie à un ensemble de questions mal posées parce que se situant à un niveau d'abstraction trop élevé pour être susceptibles de dégager de l'information (cf. la Sémantique Générale). C'est le cas typique de la question "pourquoi... ?". Nous sommes trop limités cognitivement pour espérer trouver une véritable réponse. A ce titre, soit nous acceptons l'aporie, soit nous échafaudons des systèmes que l'honnêteté intellectuelle ne pourra que nous faire considérer comme des croyances. Je souhaite que ces quelques explications vous aient définitivement convaincu que je ne suis pas un "positiviste" forcené.

Cordialement.