Le monde de 2030: les raisons de s'inquiéter.

Publié le par Miteny

Si l’humanité continue sur sa lancée, la Terre de 2030 ne ressemblera plus à grand-chose. Beaucoup d’espèces auront disparu, aussi bien dans le monde animal que dans le monde végétal (quelle tristesse).

Nous serons plus de 9 milliards à exercer une pression toujours plus constante sur l’environnement, à vouloir toujours plus d’argent pour pouvoir consommer plus. Quelques uns essaient d’élever la voix, de nous parler d’écologie. Mais les gens s’inquiètent bien plus du prix de l’essence. Peu importe que le CO2 produit par les véhicules soit un puissant gaz à effet de serre. Ce qui compte, c’est que MON niveau de vie ne soit pas altéré.

Certes, il restera quelques zones sauvages au Canada, en Sibérie, en Antarctique. Mais partout ailleurs, pourra-t-on vraiment parler de nature ? Les conditions de vie de l’homme seront-elles agréables dans un tel monde ?

Permettez moi d’en douter. Car une grosse catastrophe n’est pas à exclure. Quels sont les éléments qui m’autorisent à affirmer de telles choses ?

 

Le climat se dérègle, c’est désormais une évidence. Il est très probable que bientôt la température moyenne à la surface du globe soit de 2 à 4 degrés supérieure à celle du 20ième siècle. Cela ne paraît pas beaucoup, mais c’est en fait énorme. Lorsque la température moyenne était de 5 degrés de moins que celle d’aujourd’hui, les glaciers envahissaient les îles britanniques et la France était recouverte par la steppe à mammouths ! Pour moi, il est clair qu’une catastrophe climatique nous pend au nez.

 

La situation géopolitique est tendue. L’arme nucléaire prolifère. Les pays en développement (et en croissance économique rapide) vont vouloir se hisser au rang des puissances occidentales. L’affrontement risque de devenir inévitable. Le fossé séparant les cultures pourrait être trop large pour que la paix et la sécurité soient préservées. Si les ressources manquaient, qui sera le premier servi ? Huit cents millions de Terriens souffrent de famine et ce chiffre va probablement s'aggraver par pénurie d'eau prévisible, stérilisation et désertification de millions d'hectares chaque année, appauvrissement des ressources génétiques, migrations de réfugiés écologiques de plus en plus nombreux qui désorganisent et troublent la paix civile des régions encore autosuffisantes.

 

La montée en puissance de l’individualisme et du libéralisme sauvage est évidente. Que va devenir la solidarité au milieu de cette jungle qu’on nous construit. Je lisais il n’y a pas longtemps sur Internet : « Peut-on expliquer pourquoi, en cinquante ans, la population mondiale n'a que doublé, la famine étant multipliée par dix, malgré les performances technologiques de l'agriculture. Peut-on expliquer pourquoi l'Afrique, qui était autosuffisante au sortir de la dernière guerre mondiale, se trouve aujourd'hui dans une telle détresse alimentaire ? » Peut-être parce que quelques puissants sans scrupule se sont emparés des postes clés pour pouvoir pratiquer en toute liberté leur activité préférée : l’exploitation de la misère en vue de gagner toujours plus d’argent. Je caricature, mais à peine.

Aujourd’hui chacun d’entre nous trouve normal d’avoir une maison, une voiture, du nutella dans son placard et un frigo bien rempli. Les images des enfants mourrant de faim à la télé, des femmes livrés au barbarisme des bandits, des brigands, sur les routes, sans rien, ne nous choquent plus.

Pourtant, « le rendement moyen de ces petits paysans est de 4 à 5 quintaux par hectare. Ce qui est, en apparence, dérisoire face aux performances de l'agriculture industrielle. Pourtant, il suffirait seulement de leur permettre, par des moyens simples, peu onéreux et peu destructeurs, de doubler cette production, soit 10 quintaux par hectare, pour que le miracle alimentaire apparaisse sur la Terre et rende dérisoires les performances des quelques millions d'agriculteurs intensifs qui non seulement polluent l'environnement, mais condamnent leurs sols à la stérilité, à brève échéance."

Nous sommes des larves centrées sur notre petite vie. Nous ne soucions pas de l’humanité en général. Des larves égoïstes, à la conscience ramollie. Une seule chose importe : que MOI je sois bien. L’humanité, on s’en fout (on préfère la confier aux politiques véreux), mais MOI, ça, c’est important.

Partout, au travail, à la maison, à la télé, j’entends ce croassement inconscient « MOUA, MOUA, MOUA », assourdissant d’une masse de débiles qui veut exister (je me mets dedans, rassurez vous).

 

J’écoutais l’autre jour (à la télé ou à la radio) l’histoire d’un psychologue qui sillonnait les écoles maternelles pour faire l’expérience suivante :

Dans un premier temps, il demandait aux jeunes élèves de faire un dessin. Une fois que chaque enfant avait terminé son travail, l’homme les ramassait, les regardait puis choisissait au hasard une oeuvre et donnait à son auteur 10 dollars parce que « c’est le plus beau dessin ». Ensuite il demandait à l’heureux gagnant de faire don de sa récompense à un jeune camarade dans le besoin, « qui souffre ». Dans 80% des cas, le bambin acceptait.

Quelques fois, le psychologue introduisait une variante : au lieu de proposer la récompense à la fin, une fois le vainqueur désigné, il la proposait au début avant que les jeunes commencent à dessiner. Résultat : dans 80% des cas, les élèves, refusaient de donner ce qu’ils considéraient avoir mérité (puisqu’on leur avait promis avant).

Nous ressemblons à ces enfants, pourris par la société de consommation et par l’obsession d’en avoir au moins autant que son voisin. « Pourquoi n’y aurais je pas droit ? » Chacun pense avant tout à s’en sortir. La Terre se débrouillera bien.

Obnubilé par notre nombril, nous ne voyons pas que nous bouchons ainsi notre avenir. Le mur est là, il s’approche.

 

En 2037, j’aurai 65 ans. L’âge de la retraite, le début de la liberté. Le meilleur moment de la vie, à condition qu’on l’ait réussi. Mais j’ai bien peur que pour moi cette période corresponde plutôt à un cauchemar sans nom.

Et puis alors, quelle importance ? Pourquoi est-il important de réussir sa vie ? Que l’on m’explique.

Publié dans L'avenir.

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Roland 24/11/2006 23:35

"Je me rappelle bien de ce que disait mon grand-père à ce propos. A la veille de sa mort, il avait l’impression d’avoir bien peu vécu, d’être passé sur Terre rapidement sans savoir vraiment pourquoi. N'est ce pas désolant."

plus qu'un pas pour arriver à la conclusion ....

Roland 24/11/2006 23:22

"Et puis alors, quelle importance ? Pourquoi est-il important de réussir sa vie ? Que l’on m’explique."
Voilà la phrase la plus intelligente et la plus profondément vraie de l'article!

Barret 29/06/2006 17:38

Je viens de lire et j'ai beaucoup aimé ce post.
Tu arrives à réveiller les consciences, tu devrez ( si tu en as envie ) essayez de faire comprendre tout cela à des gens que tu connais ( bon peut être l'a tu deja fait ) et leur dire a eux aussi de faire passer ce message.
Je partage entièrement ton avis, il est évident qu'avec un système qui conditionne notre vie de cette manière, on ne pourra jamais agir pour la bonne cause sans avoir peur d'âbimer sa belle économie, alors nous sommes bloqués, du moins de nombreux côtés, pour le moment...

yoyette 05/11/2005 04:21

héhé
à quoi ça sert de réussir sa vie si on ne rate pas sa mort.

ah là là , les parents donnent la vie et sont incapables de donner un sens à la vie. :-)

Loïc Talmon 01/07/2005 04:20

L.C

> «Le kantisme a les mains pures, mais il n'a pas de mains » (Charles Péguy)