Partie 1: le problème de la conscience de soi.

Publié le par Miteny

L’objectif de ce paragraphe est de déterminer si « la matière et les lois empiriques qui la contrôlent sont cause de la conscience » (il faudra que je précise bien sûr ce que j’entends par conscience).

 

Je vais étudier mon cas particulier, en considérant qu’il est généralisable (pourquoi ne le serait-il pas ?).

 

 

Mon raisonnement.

 

I.a) Il est généralement admis dans le monde scientifique que les mouvements de matière et d’énergie (flux d’ions, stimuli électriques…) du cerveau sont les seuls phénomènes qui permettent d’expliquer l’existence de la conscience en général et de la mienne en particulier.

 

I.b) Si la proposition I.a est vraie, les seuls différences que je devrais constater entre mon cerveau et celui d’un autre seraient (dans cette hypothèse) entièrement déterminé par les caractéristiques physiologiques de l’un et de l’autre.

Et cela est vrai si je me place d’un point de vue objectif, c'est-à-dire si je considère mon esprit, ma conscience en tant qu’objet extérieur à mon raisonnement. Ainsi, j’arrive à la conclusion souhaitée : ma conscience est le produit de cette sorte de machine qu’est le cerveau.

 

I.c) Cependant, quelque soit le raisonnement que je fais, c’est toujours moi qui le fais : n’importe quel idée ou suite d’idées est un état de ma conscience.

Au cours de ma journée, au cours de ma vie, mon esprit, mon « moi » passe par toutes sortes d’états. J’adopte des points de vue puis les abandonne pour en adopter d’autres…

Mais quoi qu’il arrive, une chose est immuable : j’existe. J’ai conscience de moi. C'est-à-dire que je sais que je ne suis pas quelqu’un d’autre. Je sais qu’il existe une différence entre l’expérience directe que je fais de la vie et l’expérience que font les autres de la leur (qui ne peut que m’être rapporté). Je sais que je suis moi et que c’est moi qui pense quand je pense.

Les raisonnements sont communicables, et c’est très bien comme ça. Mais quand on comprend un raisonnement, on se l’approprie. Il est en quelque sorte transformé. Notre conscience « joue » à se confondre avec lui, mais ne disparaît pas pour autant. Le raisonnement impersonnel n’existe pas. Et c’est la raison pour laquelle considérer sa propre conscience comme un objet extérieur, un produit, est pour moi une erreur grossière.

 

 

I.d) Par conséquent, il serait plus juste de considérer qu’effectivement mon corps, mon cerveau et surtout ma conscience ont quelque chose de très particulier et fondamentalement différent pour moi.

Ils ne peuvent donc pas être simplement le produit d’une machine.

 

 

 

Perspectives.

 

Le processus de n’importe quelle démarche scientifique passe par la mesure, l’outil, mais aussi par la critique de la fiabilité de l’outil (ce qu’ont fait par exemple les créateurs de la théorie de la mécanique quantique). Or chaque scientifique est un être humain, doté d’un esprit logique, dont il se sert assidûment. N’est-il pas alors légitime de s’interroger sur la validité de cet instrument ? Les scientistes prétendent faire d’eux-mêmes des objets extérieurs qu’ils peuvent analyser comme n’importe quel particule ou système. Cette démarche est-elle vraiment rigoureuse?

Je ne le crois pas. Et je voudrais qu’on me dise pourquoi mon raisonnement est faux ou abusif. Je demande à mes lecteurs de ne pas trop se préoccuper des détails ou des mots (souvent trop mal choisis) mais de comprendre l’esprit de mon propos, qui peut se résumer en une question : pourquoi ne suis-je pas quelqu’un d’autre ?

 

PS : de deux choses l’une. Soit mon raisonnement est faux et il faut que je m’en débarrasse au plus vite (il me fait souffrir). Je demande donc de l’aide.

Soit mon raisonnement est vrai. Dans ce cas, je ne comprends pas pourquoi la science n’y a pas pensé plus tôt, c'est-à-dire pourquoi on en entend si peu parlé dans les émissions scientifiques (lesquels ne se privent pourtant pas de parler de big-bang, d’évolution, de hasard et de nécessité comme si elles avaient à faire passer un message subliminal (Dieu n’existe pas) sans en parler ouvertement… c’est très vicieux).

Cet état de choses me fait également souffrir.

 

Publié dans Démonstration.

Commenter cet article

tzenga 26/06/2005 18:24

Loin de moi, l'idée de te faire un reproche, de te dénigré ou de te rabaisser... Juste une anecdote personnelle...

"pourquoi ne suis je pas quelqu'un d'autre ?"
est une question que je me suis posé à l'age de six ans. A l'époque, mes raisonnements étaient semblables aux tiens, basés essentiellement sur la science et le raisonnement.

Les gros changements spirituels depuis cette époque ont été l'ACCEPTATION PROFONDE...

1) de ma propre mort comme étant un retour au néant sans paradis, ni enfer, ni quoi que ce soit.

2) du fait qu'en matière de spiritualité, il y avait mille approche (déiste ou non) qui étaient TOUTES autant valables les unes que les autres.

Je parle pour ces deux points, d'une ACCEPTATION PROFONDE qui est autre chose que de dire "j'admets qu'il soit possible que...",
NON !!!
"ACCEPTER PROFONDMENT" c'est dire, "je RESSENS".

En fait ce ressenti est le ressenti du point commun entre tous les humains.
Selon moi.

Mais de ce point commun, il est facile d'admettre qu'il peut mener à la foi, au nihilisme, à l'athéisme,... parfois même au suicide... tellement on se sent petit quand il entre en nous... enfin bref ce ressenti peut mener à tout un tas de truc qui sont aussi valables les uns que les autres. Que j'accepte TOUS indifféremment car il sont issu de l'esprit HUMAIN donc NOBLES à mes yeux.

Quand j'étais petit, ce ressenti me parvenait parfois de manière fugitive quand j'avais la chance de dormir à la belle étoile... En regardant le ciel, j'accedais de manière fugitive à l'expérience de spiritualité commune à tous les humains... on se sens tout petit et on se demande "pourquoi suis je ?"

C'est cet état transitoire et ephémère (quelque secondes à chaque fois) qu'il faut essayer de rendre PERMANENT !!!

Quand on y parviens,....
Quand nous ressentons cette "petitesse" à chaque seconde de notre vie...
Alors...
dieu ou rien.... c'est pareil !!!
la vie ou la mort... c'est (presque) pareil !!!

Et peut être qu'à la question
"pourquoi suis je ?"
on apporte alors la meilleure réponse,... la plus PROFONDE qui soit...

"PARCE QUE !!!"

Parfois, la Vérité sort de la bouche des enfants !!!
:-)

cyril 25/06/2005 22:18

beaucoup de philosophes et surtout au moyen âge ont tenté de prouver l'existence de Dieu , comme s'il s'agissait d'un défi intellectuel à relever. A ma connaissance ils se sont tous cassés les dents .vouloir démontrer quoi que ce soit dans ce domaine , relève de tout sauf de la pensée scientifique . la science c'est l'inverse : tenter d'émettre des hypothèses à partir de faits et vérifier ces mêmes hypothèses par des faits . à moins qu'un miracle indiscutable aitlieu ici et maintenant , je ne pense pas qu'on puisse me prouver quoi que ce soit .
enfin pour arrêter de souffrir , je crois qu'il faudra commencer par abandonner la pensée . selon certains la pensée est le début de la soufrance , et la véritable connaissance commence par le silence intérieur .

Loïc Talmon 24/06/2005 19:18

Je crains que ta démonstration ne manque par trop de rigueur. Il est louable de vouloir adopter la méthode géométrique chère à Spinoza, encore faut-il en respecter les principes, dont une définition précise des termes utilisés. De plus, tu passes outre des problèmes philosophiques majeurs d'un revers de phrase : exemple de la généralisation à partir d'un cas particulier. Pourquoi ton cas particulier ne serait-il pas généralisable ? Mais c'est une question épistémologique centrale, renvoyant au problème de l'induction : si je vois un cygne blanc, puis-je en déduire que tous les cygnes sont blancs ? Enfin, concernant "l'hypothèse matérialiste", je trouve singulièrement léger de la résumer à l'idée d'une conscience produit par des "mouvements de matière et d'énergie". En effet, il n'y a pas une mais des théories matérialistes, dont la plupart distinguent les niveaux d'abtraction : ainsi, un matérialiste pourra considérer que bien que la 'conscience' soit le produit de processus cérébraux, elle ne peut être décrite intégralement d'un point de vue neurophysiologique. C'est tout le problème du pont entre neural et psychique. Qui n'implique pas de jure une hypothétique transcendance pour être résolu.