Jeudi 16 juin 2005 4 16 /06 /Juin /2005 00:00

Revenons à nos moutons. Pour une accélération de notre cher vaisseau de 10 m/s, les vitesses d’éjection de chaque mode de propulsion sont les suivantes :

« Beamed core » : 100 000 km/s.

« AIM (Antimatter initiated Microfusion) » : 650 km/s.

« Plasma core »: 1000 km/s.

 

Un exemple ? Pour un poids à vide de 1000 tonnes et 5000 tonnes de carburant au départ, le tableau ci-dessous fournit la distance parcourue (en fonction du mode de propulsion utilisée).

La première colonne fournit l’hypothèse de base : la durée de voyage avec accélération, vitesse constante pendant un certain temps (un long moment en général, cela dépend bien sûr de la masse de carburant emporté) puis décélération.

Attention ! Le carburant emporté ne sert qu’à l’accélération. Il faut trouver un autre moyen pour freiner (et dans l’espace, presque complètement vide de particules pouvant engendrer des frottements, ce n’est pas évident).

 

 

AIM

Plasma core

Beamed core

10 ans

0,04 al

0,06 al

5,97 al

20 ans

0,08 al

0,12 al

12,31 al

40 ans

0,16 al

0,24 al

24,99 al

 

Les résultats ne sont guère encourageants, surtout pour AIM et Plasma core. 0.24 années-lumière, ce n’est pas beaucoup. On arrive loin du soleil, certes, mais toujours très loin des autres étoiles (je rappelle que l’étoile la plus proche est à environ 4 années-lumière).

Par contre, pour le mode de propulsion « antimatière », les distantes parcourues sont sympathiques. Une bonne quantité d’étoiles proches peuvent être atteintes en moins de 40 ans.

 

Autre exemple: si 100 000 tonnes de carburant sont emportés.

 

 

AIM

Plasma core

Beamed core

10 ans

0,10 al

0,15 al

18,47 al

20 ans

0,20 al

0,31 al

40,70 al

40 ans

0,40 al

0,62 al

85,18 al

 

 

 

Autre exemple: 10 millions de tonnes de carburant cette fois-ci !

 

 

AIM

Plasma core

Beamed core

10 ans

0,20 al

0,31 al

63,50 al

20 ans

0,40 al

0,61 al

171,22 al

40 ans

0,80 al

1,23 al

386,67 al

 

Avec de l’antimatière, on peut aller vraiment loin. Par contre, les autres modes de propulsions futuristes sont nuls. Quelque soit la masse astronomique de carburant que l’on emporte, on ne dépasse pas le système solaire.

 

Mais il y a un problème : l’antimatière n’existe pas à l’état naturel (pas dans ce coin là de l’univers en tout cas). Sous sa forme la plus simple (antihydrogène : c'est-à-dire antiproton - proton chargé négativement et antiélectron – électron chargé positivement), son coût de fabrication est de plusieurs milliards de dollars par microgramme !

Tout à l’heure, j’en voulais 5 millions de tonnes pour ma petite balade sur la voie lactée. En fait, il faut disposer d’une énergie monstre pour synthétiser une quantité suffisante d’antimatière. Une énergie que seule une grande quantité d’hydrogène associée à une énorme usine utilisant la fusion nucléaire pourrait fournir.

Nous pouvons imaginer que dans quelques siècles, de gigantesques complexes industriels en orbite autour des principaux stocks d’hydrogène dont on dispose (Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune, les géantes gazeuses majoritairement constituées d’H2) rempliront 24h sur 24 les réservoirs de vaisseaux spatiaux et spacieux, au poids optimisé, destinés à permettre à quelques colons bien choisis d’atteindre d’autres planètes bleues dont l’existence aura été mis en évidence par des télescopes géants installés au-delà de Saturne, pour que la lumière du soleil ne les gêne pas…

Par Miteny - Publié dans : Science.
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