Echanges de courriels à propos de la constitution européenne.

Publié le par Miteny

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Quand tu vas te promener gaiement dans la campagne Toulousaine, si tout ne ressemble pas à une décharge radioactive, c'est grâce à des politiques de prévention. Quand tu achètes à manger, si tu ne meurs pas dans d'atroces souffrances le lendemain, c'est grâce à des politiques de prévention. Si tu as le droit à une éducation, un travail, des loisirs, ce n'est pas grâce à un individualisme mesquin ! J'arrêterai là, je vois bien que ça te fait rire, moi aussi.

L'Europe, dans tout cela, dicte aujourd'hui 2/3 des lois françaises. Et ces lois gèrent notre quotidien. Même si il est possible de douter de la concordance et de l'opacité de tout cela, je te l'accorde, se taire, c'est accepter le système. C'est encore pire. Alors, le 29 mai, j'irai voter !

Bon WE.

 

S

Je dirai plutôt que quand je vais me promener gaiement dans la campagne Toulousaine, si j'ai à craindre que tout ressemble à une décharge radioactive, c'est à cause des hommes et de leurs gouvernements, quand j'achète à manger, si j'ai à craindre de mourir empoisonné, c'est à cause des gouvernements.

J'ai l'impression d'avoir été enrôlé dans une armée, laquelle a des médecins, des cuisiniers, des commandants. Je proteste, je dis que je ne veux pas cautionner le système et on me répond:" regardes ces médecins, regardes ces cuisiniers qui font tant de bonnes choses pour toi! Comment oser ne pas voter? Tu veux qu'ils disparaissent?"

Et bien oui, je le veux. Cette armée, cette ignominie qu'on appelle nation, Etat, je serai content quand elle mordra la poussière. Tu crois peut-être que ce sont des saints qui nous gouvernent. Non. Ils ferment les yeux sur des horreurs "au nom de l'Etat". Le temps de la guerre 14 n'est pas si loin.

"La nation est en danger, allez la défendre". Mais moi, je l'emmerde la nation. Si je vis ce n'est pas grâce à elle. Non. Ne pas voter, ça gêne les dirigeants. Si ce n'était pas le cas, ils ne nous baratineraient pas ainsi pour qu'on vote. Par conséquent, il est de notre devoir de ne pas voter.

Tu me répondras sans doute qu'il faut faire quelque chose, agir et que les seuls à proposer quelque chose, ce sont les politiques. Premièrement, je ne suis pas d'accord, et deuxièmement ce n'est pas parce qu'on fait quelque chose qu'on fait forcément quelque chose de bien. Par exemple l'Europe ça peut paraître bien, mais si on me demande demain d'aller me battre pour la défendre ? Avant, on m'aurait demandé de me sacrifier pour la France (quand celle-ci était menacée par un ennemi très méchant), demain peut-être que ce sera pour une entité politique plus grande (face à par exemple une Chine qui se serait énormément développé). Dans tous les cas, on va m'expliquer que je ne suis rien, que si je vis c'est grâce aux nations et que je me dois de leur offrir mon existence. Il faudra que je me plie au discours débile et extrémiste (mais habile) du moment. Je n'ai pas le droit d'avoir une conscience, il faut que j'aille "mourir pour des idées", qui n'ont rien d'éternelles mais sont au contraire très éphémères.

Certes tu me diras que le temps n'ait pas à la guerre (il ne l'est jamais...jusqu'au moment où elle arrive... alors là les bons pères de famille fourbissent leurs armes et deviennent des vrais bourreaux... il suffit de prendre l'exemple des Etats-Unis et de l'Irak... ceux qui ont voté sont responsables des crimes qui s'y déroulent... qu'on ne me parle pas des démocrates... à peine moins guerriers) mais l'état d'esprit est là.

Un mec a dit un jour:

" Vous avez appris qu'il a été dit: tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes."[...]

"Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur. [...] Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. C'est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus."[...]

"Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux."

C'était probablement un fou. D'ailleurs il a très mal fini. Comment peut-on dire de telles inepties? Chacun sait que le monde ait une jungle et que le but de la vie est d'être le plus gros requin. Il faut pour cela par exemple se mettre à plusieurs, former des nations, des supernations etc...

Bon j'arrête, je crois que mon mèl est suffisamment long…

 

G

Je reste toujours un peu en retard dans les débats, non pas harassé par la volonté de connaissance de mes élèves (bien que, bien que), ni par le mal constant qui me hurle dans mes cuisses depuis le tournoi sportif d'hier où l'équipe de profs a été hissé jusqu'à la 3è place, battue en demi finale à l'usure en prolongation, place jusqu'alors jamais atteinte où le serviteur que je suis a aidé par un magnifique but et un sens tactique relaté par mes élèves ce matin. Oui, je mets un point maintenant pour éviter de quelconques remarques futiles sur la forme de ce texte alors que j'ai plein de choses intéressantes à dire, enfin des choses intéressantes qui sont encore dans ma tête et dont je ne connais pas encore l'ordre de sortie, ni la cohérence. Je disais donc, que malgré mes efforts, ma connexion Internet est toujours aussi aléatoire que la qualification de l'équipe de France de foot au mondial 2006, et qu'en plus, elle a décidé de revenir à un débit digne de l'âge préhistorique où les signaux de fumées n'existaient pas encore.

Concernant l'acte de vote qui est devenu un droit depuis quelques temps (pas si longtemps que cela pour la gente féminine et toujours pas acquise pour d'autres), la question, je crois, n'est pas de savoir si les hommes politiques actuels sont méchants comme le dit Seb, ou plutôt, s'ils sont beaucoup plus cohérents par rapport à l'objectif de leur propre carrière que pour le peuple qui les élit, mais d'user de ce droit, qui n'est pas si inné que cela.

 

Le droit de vote n'est pas un droit avec lequel on peut jouer. Quelle que soit sa portée politique, parce qu'il est actuellement biaisé par une société de consommation et de communication débilitante, il me parait désobligeant de se poser cette question, ou au moins, d'y répondre par la négative. La question légitime serait plutôt de se dire s'il faut voter Oui / non ou voter blanc. Je sais que malheureusement, le vote blanc n'est que peu considéré. Mais si les dirigeants voyaient ce chiffre augmenter, ils se poseraient certainement d'autres questions. Aller convaincre des gens qui ne votent plus depuis longtemps est très compliqué parce qu'ils se croient déconnectés de la vie de la cité (=politique, en grec, si je ne me trompe pas). Par contre, faire face à des personnes intéressées, motivées, mais mécontent de la privatisation de la pensée politique par une minorité est une autre chose qui peut faire autrement peur. Comme a dit M. Halliday au JT hier : "Je ne veux pas convaincre les gens qui veulent voter non. S'il veulent voter non, je ne pourrais pas leur faire changer d'avis. Moi, je vote oui. Je ne suis pas là pour convaincre les gens qui veulent voter non de voter oui,

C’est pas possible". Et il a raison avec sa traditionnelle naïveté. Le vrai défi est de remobiliser les abstentionnistes, cela est un travail que beaucoup ont abandonnés depuis longtemps car trop difficile. Par contre, un vote blanc à 10 ou 20 %, je pense que cela ne sera pas ignoré dans les analyses post-électorales. Alors, ne pas voter, je trouve que c'est bafouer les gens qui se sont battus pour obtenir une voix Voter blanc, je trouve que la démarche est plus noble.

 

Sur les hommes politiques français (je ne me permettrais de me prononcer sur les autres pays, je crois que par endroit, l'art politique est resté plus accessible, mais je manque d'analyse à ce sujet), il est certes vrai que le pouvoir est confisqué depuis longtemps par la classe politique. J'aime bien ce terme et surtout l'opposer à la Classe Ouvrière et à toute l'histoire passée et actuelle qui s'y rapporte.

Mais faire ou pas de la politique n'est pas une question de choix, c'est un fait. Nul ne peut dire qu'il ne fait pas de politique, au sens noble du terme. Les actes de chacun forgent et modifient la vie d'autres citoyens. Un choix possible est de se lamenter et d'attendre la mort qui arrivera un jour ou l'autre. Une autre possibilité est d'agir pour redonner un sens à l'engagement politique et à la gestion locale et globale des cités en fonction de ses propres analyses. C'est le choix que je fais, même si cela passe par des compromissions, des étapes, des renoncements,... Cela ne m'empêche pas de garder un idéal, de le faire évoluer et d'agir dans ce sens. Jaurès disait qu'il ne fallait pas oublier les utopies dans la gestion du réel. Parti révolutionnaire ou parti de gestion, le débat du PS actuel n'est que la suite de l'interrogation posée par Jaurès il y a 100 ans. La réponse ne va certainement pas que dans un seul sens mais dans un subtil partage entre les deux. Et pour répondre, il ne suffit pas d'approuver toutes les compromissions de cette classe politique (Sarkozy, Hollande) mais de se poser la question sur quel type de regroupement de peuples nous voulons (pour la question du mois). Lisez la constitution, et vous verrez. Ni Badinter, ni Jospin ne retrouvent dans ce texte ce qu'ils auraient aimé y trouver. Alors, pourquoi votent-ils oui ?

Le 29 mai, j'irai voter tranquillement et simplement NON

 

 

S

Devant la longueur et la richesse de ce mèl, je ne peux que tenter une partie de réponse.

Tu dis qu'il faut respecter les gens qui se sont battus pour le droit de vote. Tout d'abord, on ne sait pas très bien qui sont ces gens. Sans doute d'origine multiple, diverse, je ne sais pas si on a le droit de les mettre tous dans le même panier (pour certains d'entre eux, ce n'était qu'un prétexte).

Un des problèmes de toute société et de toute nation est de mettre quelqu'un au pouvoir (d'ailleurs on se demande pourquoi il faut toujours quelqu'un à la tête d'une nation, mais bon). Son autorité peut être royale (le prétexte évoqué est l'ascendance divine), arbitraire (par exemple la dictature du prolétariat) ou d'origine démocratique. On demande alors au peuple qui il préfère, ce qui semble logique.

Selon moi, c'est là qu'une autre dictature entre en jeu: celle de la démagogie. Les gens qui sont morts pour le droit de vote sont censés s'être sacrifié pour une bonne cause.

Leur désir de justice était parfait, pure. Je ne le nie pas. Ils se sont battus pour plus de liberté. Ils avaient en eux l'idée parfaite de la justice dont ils ont cru qu'elle pouvait s'incarner entièrement dans une action: le droit de vote. Cela n'empêche qu'ils se sont trompés. Ce n'est pas parce qu'ils ont donné leur vie pour une idée qu'il faut les mettre sur un piédestal.

Il faut distinguer:

-         d'une part ceux qui sont morts parce qu'ils refusaient de se soumettre à une autorité qu'il jugeait mensongère. A ceux là, on ne peut rien reprocher (on peut même les canoniser si on veut... Spinoza par exemple, qui avait reçu un coup de couteau d'un fanatique religieux)

-         d'autre part ceux qui mettent en place des stratégies dans le but d'imposer leurs points de vue, qui proposent aux autres de mourir pour leurs idées. Ceux là sont à éviter comme la peste, même s'ils se battent pour le droit de vote.

 

La démocratie est juste la manière la plus pratique qu'ont trouvé la classe dirigeante pour que le"pouvoir" continue à exister. En fait, rien n'a vraiment changé. Le roi et ses sujets gouvernent, font des choses pour que le peuple soit content (du pain et des jeux). Ils ont transformé le saint pouvoir d'origine divine en saint pouvoir d'origine populaire (ce qui dans les 2 cas n'est qu'une navrante mascarade).

Pour moi, la démocratie est un vrai "faux prophète". Je ne comprends pas pourquoi il faut obligatoirement un gouvernement avec un chef, des sous-chefs, un système répressif. Ne peut on pas changer de point de vue?

 

Je ne suis pas sûr que le principe du bâton soit le meilleur qui soit.

 

J'imaginais un monde où la sécurité ne serait plus garantie par la menace, mais par la loi morale de chacun. Donc pas de gouvernement, pas de police (c'est très dur de travailler dans la police), pas d'armée (c'est très con un adjudant) (mais les pompiers oui, c'est valorisant d'être pompier), pas de politicien (très hypocrite), pas de ville trop grosse, pas de capitalisme effréné, pas de société de consommation, pas de pouvoir, pas de besoins inutiles...

Evidemment c'est très utopique. Mais si l'humanité progresse, c'est grâce aux utopies (et ça, je suis loin d'être le seul à l'affirmer).

Un tel monde marcherait beaucoup mieux que le monde répressif que l'on connaît. Le problème est le suivant : comment garantir que chacun soit empreint de cette loi morale? J'ai ma petite idée là dessus, mais si je ne sais pas si c'est opportun d'en parler maintenant.

 

Cependant, j'ai conscience de réfléchir en même temps que j'écris. C'est la raison pour laquelle je disais que je mettais de l'eau dans mon vin.

Publié dans Politique.

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Atrus 11/09/2005 11:03

Ecoute man !!! tt ce que tu dis est vraiment emplit d'une certaine bonté mais si tu savais a quel point tu te contredis dans le fonc et la forme.... ah la la je voulais juste pasque ma critique serait vraiment très longue car tu pars avec des principes établis et ça déjà c pas ça, enfin , que DANS LA VIE pour te reprendre y a pas que ça ou ça c bien plus profond que ça mais dans un sens je vais te dire qqchose. oki ?

On va reformuler : Deux types de catégories de personnes existent, et sans doute plus. Y a ceux qui face a un pbm se demandent pourquoi ? qui est le pbm la cause, tu vois c comme ca il faut un coupable. et y a ceux qui face a ce pbm vont se demander comment ? comment l'ameliorer et ce en bien avant de se demander pourquoi. A toi de voir où tu te situes ptet nul part j'en sais rien... mais vraiment fais moi plaisir stp arrete de te la jouer de vouloir refaire le monde c vraiment contradictoire d'ecrire des torchons comme celui là t'as pas l'air con et avoir pris conscience de pas mal de choses , alors sers toi en ...

@ pluche