Srinagar.

Publié le par Miteny

Assis sur quelques coussins, je regarde les remous provoqués par notre passage sur l’eau sombre du lac. Tout autour, de hautes montagnes enneigées bloquent le paysage. On ne voit pas leurs sommets, à cause du brouillard, fréquent en hiver, à plus de 1600 mètres d’altitude. Des enfants sur une autre barque essaient de pêcher. Ils habitent sans doute dans une de ces maisons installées sur l’eau. Ils nous regardent, quelque peu étonnés de voir deux européens à cette période de l’année, ici. Ils portent une longue toge brune, comme nous d’ailleurs. Nous avons du adopter la tenue vestimentaire de ce pays très musulman, et de fait très dépaysant. Naviguer au milieu de cette cité lacustre, entre les embarcations transformés en résidences et les roseaux peuplés de corbeaux et de rapaces (des milans je crois), est quelque chose que je ne pense pas oublier de si tôt.

Les mosquées sont particulièrement belles. J’ai en vu au moins deux, magnifiques : une toute blanche, avec plein d’inscriptions, probablement en Ourdou. L’autre était pleine de couleurs et de détails minutieusement sculptés en bois précieux.

 

Ce qu’il y a de plus frappant ici, ce sont les femmes, qui sont souvent complètement voilées (c’est dommage, car elles sont parfois très belles) et les militaires indiens, omniprésents. Hier nous avons visité un village dans la montagne. Nous avons même fait une excursion dans la poudreuse avec un guide qui marchait en sandales. Etrange endroit où l’hiver, l’épaisseur de la couche de neige fait plusieurs mètres, où beaucoup vont pieds nus, et où les montagnes sont splendides, gigantesques, majestueuses…

 

Que dire de plus. J’ai tellement de souvenirs de cet endroit : l’appel à la prière tout au long de la journée, cette magnifique indienne en voyage de noces que j’aurais bien aimé volé à son mari, ces gens de l’Etat du Gujarat, les plus gentils de la Terre parait-il, mais qui venait de subir un terrible tremblement de Terre, ce col, à près de 3000 mètres, que nous avions franchi dans un bus très joliment décoré rempli d’indiens de toute confession, ces militaires trop soupçonneux qui avaient demandé que nous seuls, les deux européens, descendions du car pour un contrôle d’identité plus poussé, etc.…

Un an après notre séjour à Srinagar, capitale du Kashmir, une bombe a explosée en plein centre ville, faisant des centaines de morts. Je me demande bien ce que nous sommes allés faire là-bas et aussi par quel miracle nous avons réussi à partir…

 

Nos aventures ont été par la suite beaucoup moins stressantes : nous avons marché dans Jammu, à moitié rassurés (nous étions les seuls européens). Nous avons pris le train pour rejoindre Gorakhpur (le fameux Gorakhpur express…). Nous sommes partis un samedi soir pour arriver le lundi à 2h du matin. Le trajet était assez bucolique, avec de nombreux arrêts. Un grand souvenir.

Le train ne dépassait pas les 40 km/h, si bien que l’on pouvait admirer le paysage depuis la porte du wagon, toujours ouverte. La campagne indienne est assez verdoyante. Les villages sont généralement petits, entourés de champs. Il n’y a pratiquement pas de routes goudronnées, sauf autour des grandes villes. Il y a beaucoup de cultures, de nombreux buffles et… des ordures un peu partout. Les indiens ne prennent pas « soin » de leurs déchets. Ils les jettent n’importe où. Parfois un monticule se crée. Alors les gens pensent qu’il s’agit d’une sorte de poubelle. Ce dernier s’agrandit donc, et devient immonde.

Je me rappelle de quelques uns de ces dépôts improvisés, généralement situés au bord de la route. Ils étaient gros, voire gigantesques et n’étaient qu’à quelques mètres de la buvette où le chauffeur du car décoré qui nous emmenait nous avait permis de nous restaurer.

 

Ensuite nous avons été au Népal (attention 15 minutes de décalage horaire avec son grand voisin indien !). Pokhara, Chitwan, Katmandou.

 

Publié dans Biographie.

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