Extra-terrestres3.

Publié le par Miteny

Arrêtons nous quelques instants sur l’histoire de l’Homme. La civilisation paléolithique (c'est-à-dire chasseur cueilleur en petits groupes) a duré des dizaines de milliers d’années. La révolution néolithique a tout changé : en quelques milliers d’années, l’invention de l’agriculture a permis à l’humanité d’établir des empires. Puis tout s’est encore accéléré. En quelques centaines d’années, l’homme a conquis la planète, l’a ravagé, l’a peuplé, l’a dominé…

Quel est notre avenir ? Comment sera la Terre dans 1000 ans ? Bien malin qui peut le savoir. Précédemment je m’interrogeais sur la forme que prend la vie 600, 700, 1000 millions d’années après son apparition. Mais il faut 600 mille fois 1000 ans pour faire 600 millions d’années. Et 1 fois 1000 ans est déjà hors de ma portée.

Mais l’avenir existe : c’est mathématique. Du point de vue astronomique (est-ce le point de vue de Dieu ?), l’unité de mesure du temps est la centaine de millions d’années, l’histoire et la préhistoire de l’humanité jusqu’à maintenant ne sont que des épisodes. Quel genre de stabilité succèdera au traumatisme qu’est en train de subir la planète (l’homme moderne serait le 6ième grand cataclysme pour la Terre, le dernier en date étant celui qui a rayé de la carte les dinosaures…) ?

La réponse dépend évidemment de ce que, nous, les humains, sommes vraiment et donc de ce que l’univers est vraiment. Ainsi, par exemple :

-         soit nous sommes l’œuvre du hasard et de la nécessité. Autrement dit, seule la matière existe éternellement (il s’agirait, en quelque sorte, de notre dieu). Dans ce cas là, il est fort probable que notre civilisation finisse par disparaître purement et simplement, peut-être d’un seul coup. Notre existence n’ayant pas de sens, notre mort n’en aura pas plus.

-         Soit nous faisons partie d’une simulation informatique. Nous ne serions alors que des logiciels (puisqu’il paraît que l’on pourra bientôt simuler la conscience humaine grâce à l’informatique !?). Il s’agirait pour nous alors de savoir qui nous a programmé et quel avenir ce dernier nous réserve. Mais c’est impossible puisque notre conscience est, selon cette hypothèse, le produit même de cette simulation : elle ne peut pas « sortir » ! Cette alternative, plutôt angoissante, n’est pas à exclure si l’on suppose que la matière (au sens large bien sûr : l’électricité n’est en soi qu’une forme de matière) est capable de créer la conscience de soi, ce qui du reste n’est pas encore démontré.

-         Soit l’esprit domine la matière. L’esprit (c'est-à-dire la conscience) est la seule « chose » dont on peut dire assurément qu’elle existe. Il existe un Dieu fait d’esprit, de conscience à l’origine à la fois de notre conscience et de l’univers.

 

 

Ces différents cas de figure ont des implications très différentes quant au devenir de notre société. C’est pourquoi il me paraît très hasardeux d’essayer de savoir quelles sortes de civilisations connaissent les éventuels extra-terrestres. Mais laissez moi tout de même le loisir de faire une petite hypothèse supplémentaire et le petit calcul qui en découle.

Supposons qu’au bout d’un certain temps (que je fixerai de manière tout à fait arbitraire à 20 000 ans), une civilisation ait, soit disparu (par autodestruction), soit atteint un niveau de développement et de connaissance suffisamment élevé pour, ou ne plus avoir besoin de savoir ce qui se trouve ailleurs, ou ne pas juger utile de nous faire part de leur présence. Pourquoi ? Pour ne pas nous perturber. Un peu comme si les explorateurs de la renaissance renonçaient à coloniser l’Amérique pour laisser cette partie du monde sauvage et libre. Je suppose donc que mes chers extra-terrestres ont atteint un niveau de sagesse bien supérieur au nôtre.

Quelle incidence a cette hypothèse simple (et, avouez le, non dénué d’un certain bon sens) sur mes calculs ?

 

Nous avons précédemment supposer que dans les systèmes « élus » la vie avait autant de chances d’apparaître au bout de 4 MA qu’au bout de 7.5 MA. Procédons de même pour l’apparition de l’intelligence. Je suppose que cette dernière (attention, ma définition de l’intelligence commence avec l’australopithèque…pour une fois je ne suis pas exigeant) a autant de chances d’apparaître après 500 millions d’années qu’après 2 milliards d’années.

Ensuite je fais l’hypothèse suivante : au bout de 3 millions d’années ce que j’ai appelé « l’intelligence » développe la civilisation moderne (avec tout ce qui faut : agriculture, métallurgie puis science, nanotechnologie...) et ceci dans tous les cas de figure. Je sais, c’est réducteur (mais je ne vais tout de même pas multiplier les calculs à l’infini). C’est cette civilisation moderne dont j’ai supposé la durée de vie égale à 20 000 ans (par comparaison, sachez que notre révolution néolithique a eu lieu il y a 10 000 ans).

 

Alors parmi les 36 000 systèmes des 4 tableaux précédents, lesquels en sont (si l’on tient aux conjectures précédentes) à notre niveau de développement ?

Voici le tableau des résultats (le détail des calculs vous sera épargné) :

 

 

« Vie primitive »

21 571

« Paléolithique »

49

« Le futur »

14 379

 

 

Total

36 000

 

 

La ligne « vie primitive » correspond à tout ce qu’il y a avant l’australopithèque : les planètes appartenant à cette catégorie connaissent soit le règne des poissons et des invertébrés soit celui des amphibiens, des dinosaures ou celui des mammifères primitifs. Mais quoiqu’il en soit, « l’intelligence » n’est apparue sur aucune des planètes de cette classe.

 

 

La ligne « Paléolithique » correspond à la période de 3 millions d’années dont j’ai parlé précédemment. C’est dans cette catégorie que l’on trouve les civilisations modernes. Si l’on s’en tient à mon hypothèse (20 000 ans entre la révolution néolithique et soit ce que j’appellerai la « transition vers une société véritablement sage et responsable, technologiquement bien plus avancée que la nôtre » soit la destruction totale), ces dernières ne représentent qu’une très faible partie ( %) du total de la ligne considérée : en fait 0,25 systèmes. C'est-à-dire que, d’après mes calculs, il n’existe statistiquement qu’une seule planète pour 4 galaxies étant à la même période de sa vie que la Terre actuellement.

 

 

La ligne « Le futur » correspond à tout ce qui arrive après. Le nombre de systèmes correspondants est important. Si important qu’il en est même louche. Car enfin, si tant de planètes avaient déjà connues une civilisation avancée, pourquoi ne sommes nous pas au courant ? J’irais même plus loin : pourquoi est-ce que je ne suis pas né au sein de l’une d’entre elles ?

Pourquoi est-ce que je suis moi ? Pourquoi ma conscience est-elle coincée dans la peau de ce petit français d’origine kabylo-normande ? Il m’est très facile d’imaginer être quelqu’un d’autre : j’aurai pu naître en Afrique, aux USA ou alors être une femme… Les scientifiques n’aiment pas les coïncidences. A mon avis, le hasard de ma naissance en est une belle.

Mais si effectivement le hasard de ma naissance est une coïncidence et si mes calculs sont un petit peu justes, je n’ai alors pas eu de chance puisque je suis né dans une des civilisations les moins avancées (sauf si une bonne partie des quelques 14000 mondes de la ligne « le futur » ont purement et simplement disparu). C’est pourquoi le résultat de mes calculs me laisse perplexe. Des hypothèses doivent être fausses. Mais lesquelles ?

 

Si le hasard de ma naissance n’est pas une coïncidence, alors je ne comprends plus grand-chose. Car le simple fait de dire « le hasard de ma naissance n’est pas une coïncidence » est quand même lourd de sens, vous en conviendrez…

 

Publié dans Science.

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Commenter cet article

yoyette 05/11/2005 05:24

On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille
On choisit pas non plus les trottoirs de Manille
De Paris ou d'Alger pour apprendre à marcher

Etre né quelque part
Etre né quelque part
Pour celui qui est né‚
C'est toujours un hasard

Maxime le Forestier a peutetre raison
qui sait

miteny 17/06/2005 14:36

Je m'auto-commente pour faire ressortir cet article.