Extra-terrestres1.

Publié le par Miteny

Pouvons nous imaginer ce que verrait ces télescopes ? Réussiraient-ils à voir d’autres planètes bleues ? Réussiraient-ils à déterminer quelle sorte de vie les habitent ? Pour essayer de répondre à cette question, tentons d’estimer le nombre de planètes de notre Voie Lactée abritant la vie.

 

Il existe environ 200 milliards d’étoiles dans notre galaxie. Supposons qu’une sur cinq possède un système planétaire et qu’à peu près 2% (ce chiffre correspond à peu près à ce que constatent les astronomes) seulement soient des étoiles dont la luminosité soit comprise entre 0.1 et 1.5 fois celle du soleil.

Pourquoi ces bornes me direz vous ? Parce que la durée de vie d’une étoile est inversement proportionnelle à sa luminosité. De plus, on suppose qu’une planète doit avoir à sa disposition suffisamment de temps pour voir se développer la vie sur son sol. Par conséquent, la limite supérieure (1,5) semble raisonnable (durée de vie de 7,5 milliards d’années ; rappelons que notre soleil est supposée avoir une durée de vie de 10 milliards d’années et que son âge est évalué à 4.5 milliards d’années).

La limite inférieure 0.1 correspondrait à une luminosité minimum pour l’astre source d’énergie. En effet, « selon les modèles traditionnelles de formation des étoiles, 0,072 fois la masse du Soleil constitue la limite inférieure en dessous de laquelle la faible densité d'un noyau et sa température empêchent l'initialisation de la fusion nucléaire. »[1].

Revenons à notre décompte. Supposons que dans ce groupe, de dimension acceptable, seulement 0,25% des systèmes ne possèdent que des planètes telluriques entre l’étoile et une zone située juste après la « zone de vie » : c'est-à-dire la zone recevant par radiation une énergie d’environ 1.45 kW/m² de leur étoile (c’est l’énergie solaire reçue par l’atmosphère terrestre).

Ces planètes telluriques auraient de plus des orbites circulaires et seraient protégées des astéroïdes par des géantes gazeuses (genre Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune), comme c’est le cas pour notre système. Je sais, ça fait beaucoup de conditions, et je l’avoue, ce chiffre de 0.25% est purement hasardeux… mais pas idiot (j’ai été prudent, je l’ai quand même choisi très faible), enfin je pense...

Supposons encore que seuls 5% des individus de ce nouveau groupe encore plus restreint aient réellement les caractéristiques nécessaires pour voir se développer dans leur sein, la vie. Et bien, malgré tout, il resterait encore environ 100 000 candidats à la vie extra-terrestre dans notre galaxie !

  

Pour résumer, voici sous forme de tableau les 3 paramètres introduits :

 

(Nombre d'étoiles 0,1<L/LS<1,5) / (Nombre total d'étoiles)

2,00%

Probabilité « planètes telluriques + zone de vie »

0,25%

Facteur chance

5,00%

 

Le choix des paramètres du tableau précédent ainsi que le choix des valeurs correspondantes paraissent bien arbitraires ! Mais bon admettons et continuons nos pseudo calculs.

 

Je lisais il n’y a pas très longtemps sur Internet ces lignes fort intéressantes :

« Avec le satellite européen ISO (Infrared Space Observatory), le Télescope Spatial Hubble et le VLT (Télescope Géant/Very Large Telescope) de l'Observatoire Européen Austral (ESO), au Chili, l'équipe de François Hammer a étudié 200 galaxies situées à une distance comprise entre 4 et 8 milliards d'années-lumière de la Terre.

Leurs résultats sont surprenants : les galaxies infrarouges représentent 15 % des galaxies de l'Univers lointain (donc âgé), contre 0,5 % seulement dans l'Univers local (à moins d'un milliard d'années de la Terre). Il y a 4 à 8 milliard d'années, les galaxies ont donc connu des épisodes de formation stellaire intenses. Plus précisément, la moitié des étoiles actuelles, selon les chercheurs, s'est formée durant les 8 derniers milliards d'années, principalement dans les galaxies infrarouges. »

Par conséquent une bonne partie des étoiles de notre galaxie a un âge compris entre disons 3 et 8 milliards d’années. Supposons que les 100000 candidats présentés précédemment aient également ces âges. 100 mille candidats, âgés de 3 à 8 milliards d’années (disons que l’âge est un des critères qui a permis d’aboutir au chiffre de 5%).

Or rappelons que la vie sur Terre est apparu il y a environ 500 millions d’années, c'est-à-dire 4 milliards d’années après la formation du soleil et des planètes. Par conséquent on peut raisonnablement penser, par analogie, qu’une partie de ces 100000 candidats soit encore trop jeune pour abriter une forme de vie intéressante. Mais que dire des autres ?

En 0.5 milliards d’années, la Terre a vu prospérer les invertébrés, puis les poissons, les amphibiens, les dinosaures, les mammifères… et l’homme, qui est en train de faire disparaître les espèces animales et végétales plus rapidement que n’importe quelle catastrophe naturelle. A quel moment de leur histoire peut-on imaginer que les cent mille se trouvent ?



[1] Nouvelle découverte : la limite supérieure serait de seulement 150 masses solaires.

Publié dans Science.

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