La réalité de Dieu.

Publié le par Miteny

2 choses sont à mon avis inexplicables. 

Premièrement, l’existence d’un univers fécond. J’ai eu, à ce propos, un différent avec Loïc sur la définition du mot pourquoi. Je vais essayer de préciser ma pensée demain (dans la catégorie « le dessein intelligent »). 

Ensuite, mon existence me paraît inexplicable. Vous êtes obligé d’admettre que chacun sait faire la différence entre sa propre personne et celle des autres. Il suffit de prendre l’exemple de la douleur. 

Tout observateur rationnel qui cherche à comprendre le monde se doit de l’accepter tel qu’il se présente à lui et non tel qu’il aimerait qu’il se présente à lui. Supposons que je me mette à la place de cet observateur rationnel. Les phénomènes que je constate peuvent se classer de la façon suivante :

-          Il y a d’abord moi. Toute personne a un moi, une conscience personnelle dont il fait directement l’expérience. Je suis une conscience. Je suis certain de ma propre existence. Je sais que si on me donne un bon coup de marteau, j’aurai mal. Je ressentirai ce mal directement. Appelons ce phénomène « moi ».

-          Il y a ensuite les autres. Les autres sont des semblables, des personnes comme moi mais dont il est impossible de ressentir directement les affects. Pour que je sache qu’un autre existe, il faut que je sois mis au courant. Si on donne un coup de marteau à un autre, je ne ressens rien. Appelons ce phénomène « conscience autre » que je ne peux raisonnablement pas confondre avec le phénomène « moi ».

-          Il y a enfin le monde avec le ciel, les animaux, la terre, les étoiles dont le fonctionnement est relativement bien expliqué par les scientifiques (je simplifie).

Examinons l’affirmation suivante : « L’existence d’un corps (avec le cerveau !) en fonctionnement est nécessaire et suffisant pour expliquer l’émergence de la conscience ». 

Dans cette phrase, le terme « conscience » recouvre à la fois les phénomènes « moi » et « autre conscience ». Une telle confusion ne paraît guère rigoureuse. Il serait donc plus juste d’écrire : « l’existence d’un corps en fonctionnement est nécessaire et suffisant pour expliquer le phénomène « moi » » et la même chose avec « autre conscience » à la place de « moi ».

Ces deux nouvelles assertions sont-elles vraies ? Visiblement pas. Si Dieu est une réalité incontournable pour moi, c’est parce que je trouve que mon existence est inexplicable.

Comment dire ?  

 

La probabilité que je naisse là où je suis né au moment où je suis né était au maximum d’environ 1 sur 40 milliards (nombre d’individus qui, paraît-il, ont déjà vu le jour depuis que Homo Sapiens Sapiens foule la Terre ) ! 

C’est loufoque. A l’école, je n’aimais que la physique et les mathématiques. J’aimais chercher à comprendre. Et là, voilà une énigme bien étrange et une probabilité d’exister bien faible (1 sur 40 milliards, j’ai encore moins de chance de gagner qu’à Euromillions : si ça, c’est pas un miracle !).

Vous ne pouvez pas dire que le « moi » est une illusion. C’est la plus puissante des réalités ! Je ne suis toujours que moi, quoique je fasse, quoique je pense. 

Le point de vue objectif est une fiction. C’est en discutant avec Loïc que j’ai appris ce concept de fiction. Etre totalement objectif, c’est se considérer soi-même comme un objet d’étude extérieur. J’aimerais parfois être ailleurs, être extérieur, mais c’est impossible !

 

Publié dans Métaphysique.

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Ariane 05/11/2006 00:00

C'est drôle... Dieu doit résoudre les problèmes alors qu'il fait comme la science, il multiplie les questions.
Tu veux prouver l'existence de Dieu, comment ? En nous embrouillant ? Pour le scientifique, il n'y a qu'un concept, le modèle.
C'est ce modèle que l'on fait varier en fonction des informations que l'on reçoit, et l'on prévoit alors les informations futures.
Tu te considère comme une création de Dieu, je veux pas te blesser, mais c'est complètement débile, tu n'avais pas une chance sur 40 milliards de naître ici et maintenant : tu es toi parce que tu existe, donc à moins de croire en la réincarnation, au moins à l'âme séparée du corps, tu n'aurais pas pu exister autrement. Une probbilité fonctionne avec des issues possibles : exister ou ne pas exister, mais pas exister ailleurs ou différement : cet être n'aurait pas été toi.
Pour l'univers créé à partir de rien, vu qu'il n'y ni espace, ni matière, ni énergie, ni même de temps en dehors, je t'accorde que notre apparition a de quoi surprendre. Ton article ne prouve pas l'existence d'un Dieu conscient et attentionné, seulement d'un concept éphémère et créateur, une impulsion. Et encore faut-il que la théorie du Big Bang soit exacte (c'est peut-être d'ailleurs pour cela qu'elle est fausse)

jam 07/04/2006 14:05

on ne peut pas démontrer "dieu" par la création (dans le sens "fabrication") de l'univers ou de la nature

blaise pascal a déjà démontré cela ("pensées" chapitre 20)
"D'ailleurs ces sortes de preuves ne nous peuvent conduire qu'à une connaissance spéculative de Dieu, et ne le connaître que de cette sorte, c'est ne le connaître pas. "

une des solutions à l'énigme est de considérer le terme "créer"
et de l'envisager sous tous les points de vue, c'est à dire "scientifiquement"
au lieu de considérer que "la" création serait ce qu'on imagine ou ce qu'on aimerait
considérer simplement l'idée ou le concept

comme le premier verset de l'évangile de jean
"Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu."
envisager qu'il est bien plus probable que "la terre" et "les cieux" ont été "créés" en tant que concepts, grace à "la parole"
plutôt que d'imaginer un être surnaturel caché derrière les nuages et qui ferait des plans en organisant la matière et les forces naturelles

car si on part d'une seule hypothèse et qu'on essaie de trouver des preuves ou des explications de celle-ci
on est sûr que même si elle est fausse, on arrivera quand même à un résultat
autant dire qu'un résultat ne prouve pas l'hypothèse de départ

si je pars sur l'hypothèse que 1+1=3, je pourrais parfaitement décrire une théorie mathématique en respectant toutes les règles de la logique et de l'algèbre
et arriver à un résultat certainement très "intéressant"... mais pourtant complètement faux

jam,

warda 03/04/2006 15:23

"La probabilité que je naisse là où je suis né au moment où je suis né était au maximum d’environ 1 sur 40 milliards (nombre d’individus qui, paraît-il, ont déjà vu le jour depuis que Homo Sapiens Sapiens foule

la Terre ) ! 
C’est loufoque"

Alors là vous avez tout à fait raison : c'est vraiment loufoque ! et pourquoi d'abord vous restreindre au nombre (approximatif) d'homo sapiens qui se sont succédé avant vous ? vous n'êtes pas le "dernier des hommes" de Murnau que je sache ! donc pourquoi prendre 40 milliards et non pas...x milliards (le nombre total d'homo sapiens du début jusqu'à la fin des homo sapiens) ? ah oui, parce qu'on ne connait pas x, et donc on ne peut pas faire le calcul.
Bon maintenant je redeviens sérieuse : votre façon de procéder, c'estun peu comme si vous disiez : "bon je vais tirer une boule  au hasard dans une urne qui en contient 20000 " et une fois la boule tirée vous diriez : "quel miracle ! cette boule avait juste une chance sur 20 000 d'être elle même, elle avait bien plus de chances d'être une autre boule". Ben non ! si vous tirez un numéro au hasard compris entre 1 et 20 millions, et si le tirage se fait vraiment au hasard (je veux dire selon la loi dite "uniforme") alors si vous tirez le 52, vous ne pouvez pas dire qu'il y a une probabilité de 1 sur 20 millions que 52 soit égal à 52. Vous devez dire que dans ce scénario particulier il y avait une chance sur 20 millions que le 52 soit tiré (et la probabilité était la même pour tous les autres nombres). Techniquement :un calcul de probabilité n'a aucune valeur "ontologique" ou "absolue", il est relatif à un "plan de tirage" qui est constitué d'un ensemble, d'une sigma-algèbre sur cet ensemble et d'une mesure de probabilité sur cette sigma-algèbre.
Et quant à votre naissance, vous ne pouvez pas raisonner comme si vous étiez une âme désincarnée et que vous choisissiez  (ou qu'un dieu choisissait pour vous) de naitre en tel ou tel homo sapiens sur les 10, 20, 40 ou x milliards d'homo sapiens disponibles.

Loïc Talmon 28/03/2006 17:23

"""""Néanmoins, je ne comprends pas ce que signifie "l'existence est". Cela ne me paraît pas très clair. L'existence de quoi?"""""
>> L’existence, point. Le concept ‘existence’ désigne le principe qui distingue un objet physique du néant.  Tout ce qui existe appartient à l'existence.
"""""De plus, sans la conscience, je ne pense pas que l'on puisse décider si quelque chose existe ou pas. L'existence ne serait-il pas avant tout de la conscience?"""""
>> La conscience, pour faire le constat de l’existence, ne doit-elle pas exister ? L’existence est nécessairement première ontologiquement, même si elle est, ainsi que tu le soulignes très justement, seconde phénoménologiquement.
"""""Mais je m'égare.. La question initiale était: une explication scientifique (hasard, nécessité) peut-elle répondre à la question: qu'est ce qui a fait que l'Univers (pris absolument) a pu être fécond?"""""
>> Il me semble qu’une telle explication existe déjà, même si elle est incomplète, imparfaite et provisoire, comme toute explication scientifique.
Cordialement.

miteny 28/03/2006 16:04

C'est vrai, je n'ai pas très bien choisi mon vocabulaire dans mon précédent commentaire.
Néanmoins, je ne comprends pas ce que signifie "l'existence est". Cela ne me paraît pas très clair. L'existence de quoi?
De plus, sans la conscience, je ne pense pas que l'on puisse décider si quelque chose existe ou pas. L'existence ne serait-il pas avant tout de la conscience?
Mais je m'égare.. La question initiale était: une explication scientifique (hasard, nécessité) peut-elle répondre à la question: qu'est ce qui a fait que l'Univers (pris absolument) a pu être fécond?