Supposons que l’on puisse faire, à un instant t, un clone parfait de ma personne : même corps, mêmes souvenirs, même caractère…
D’un point de vue extérieur, nous sommes équivalents, égaux, semblables. Après la date t, on pourra remplacer l’un par l’autre sans que personne s’en aperçoive. Néanmoins, que ce dernier existe ou pas, je peux savoir que je ne suis pas mon clone parce que d’une part j’ai la certitude d’exister en tant que conscience et que, d’autre part, ce « moi », cette conscience, n’est localisée que dans un seul corps : elle ne voyage pas d’un corps à l’autre.
Je constate donc une différence entre mon clone et moi. Et cette différence doit avoir une explication. Etant cartésien, je me refuse à admettre qu’elle n’en a pas. C’est une différence que je constate et que je ne peux pas qualifier d’illusion. De plus, il est raisonnable de penser que tout le monde étant capable de s’identifier au « je » de ce discours, chaque être humain est en droit de se demander pourquoi il est lui et pas quelqu’un d’autre, pourquoi parmi tous les cerveaux qui existent, il n’y en a qu’un dont il peut faire l’expérience.
Autrement dit, comment le fait d’exister, d’avoir conscience de moi, peut-il être uniquement du à l’existence d’un corps et d’un cerveau puisqu’il en existe des tas (6,5 milliards actuellement et 40 milliards environ depuis que l’espèce humaine est apparu) dont je ne ferai jamais l’expérience ?
On me répond souvent : « la localisation spatiale ». Mais si je sais que je suis là et que l’autre est à côté, ou ailleurs, c’est bien parce que je sais que je suis moi, je sais que je ne suis pas l’autre, je sais qu’à cet instant je suis ici et pas ailleurs bref parce que j’ai conscience d’être moi.
Sans la conscience de soi, il est impossible de savoir que l’on existe et que l’on est ici. La conscience et la pensée sont incontournables.
Puisque la différence réelle entre mon clone et moi (c'est-à-dire la conscience de soi) ne peut pas être due à l’absence de différences entre les caractéristiques de mon cerveau et les caractéristiques du sien, comment s’explique-t-elle ?
En fait un monde sans conscience, sans
la Pensée chère à Hegel est une fiction, une vue de l’esprit : il ne peut pas exister.
La Pensée , la conscience, existe nécessairement parce que c’est elle qui permet au mot exister d’avoir un sens. Et comme elle ne peut pas provenir de la matière (Spinoza considérait que c'était évident: « si 2 choses n’ont rien de commun entre elles, alors l’une ne peut pas être cause de l’autre ») elle est en quelque sorte cause d’elle-même.
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