Vendredi 1 juillet 2005

La chanson dit « on choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille. On choisit pas non plus les trottoirs de Paris, de Manille ou d’Alger pour apprendre à marcher ».

Mais qu’est ce que ce « on », à part une conscience transcendante de soi.

On peut être n’importe qui. Le matérialiste dira pourtant que la conscience est déterminée par les gènes, l’histoire, l’expérience du cerveau. Mais alors que faire du texte de Le forestier ?

Que faire de ce « on » qui est la sensibilité humaine, voire même sa détresse à ne pas savoir ce qu’il fait sur la Terre ?

La transcendance est essentielle et ne s’explique pas par le déterminisme matérialiste.

Fred, pour Spinoza, « la connaissance de l'effet dépend de la connaissance de la cause et l'enveloppe ». Peut-on réfuter cette presque évidence ?

par Miteny publié dans : Métaphysique.
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Vendredi 1 juillet 2005

Sommes nous d’accord sur le fait que si le dualisme ontologique n’est pas démontré, l’hypothèse matérialiste non plus ? (sinon pourquoi Sir Eccles existerait-il ?)

 

Tu as écrit : « si tu entends défendre le dualisme ontologique, tu dois 1) démontrer que la 'conscience' transcende d'une manière ou d'une autre les processus cérébraux et 2) expliquer comment se fait l'interaction entre la 'conscience' et le cerveau (Sir Eccles, le principal neurobiologiste résolument dualiste, n'y a pas réussi, pour l'heure). »

 

Je ne suis pas tout à fait d’accord pour le petit 2). Expliquer comment se fait l’interaction entre la conscience et le cerveau n’est pas nécessaire (c’est mieux, et même beaucoup mieux mais très difficile tant on ne connaît pas les secrets du fonctionnement du cerveau ; on ne sait même pourquoi une bactérie qui vit, vit).

Car enfin, le petit 1) signifie déjà que les processus cérébraux ne peuvent pas être seuls à l’origine de la conscience (où alors j’ai mal compris le mot transcende). Il faut rechercher ailleurs.

 

Tu as écrit : « mon 'esprit' ? Mais qu'est-ce que l'esprit' ? » L’esprit, pour moi, c’est la conscience. Quelque chose de si présent qu’on en oublie l’existence.

Qui peut mieux expliquer ce qu’est l’esprit que Descartes lui-même ? Chacun d’entre nous peut faire cette exercice : douter de tout. Et si tout ce qui m’entoure n’était qu’un théâtre. Peut-être que les autres ne sont que des pantins qu’un démon agite quand je les regarde. Tu as toi-même écrit que le scepticisme radical est irréfutable.

Seulement il y a une limite au doute hyperbolique. Pour pouvoir douter, il faut pouvoir penser. Douter du fait que l’on doute est impossible (cette assertion est presque une Lapalissade).

Toutes les doctrines, les croyances qui sont élaborées sur Terre le sont par des esprits humains, des consciences qui oublient qu’ils ont justement une conscience. Doutons de tout. Je pourrai toujours douter de n’importe quel résultat physique, de n’importe quel hypothèse scientifique, de n’importe quelle sincérité, mais jamais je ne pourrai douter du fait que… je doute.

Le doute en pleine action, c’est de la conscience de soi, de la pensée, de la transcendance. Douter de l’existence du monde sensible ou se demander « pourquoi je suis moi ? », c’est prendre conscience que l’on est avant tout une conscience.

"Le doute n'est pas au-dessous du savoir, mais au-dessus." écrivait Alain.

Il faut faire l’exercice du doute pour prendre conscience de la nature transcendantale de notre conscience.

L’esprit ne peut pas être considéré comme un objet. On ne peut pas le comprendre en essayant de le voir « extérieur ». Il faut (par exemple) faire l’expérience du doute hyperbolique pour comprendre à quel point la conscience est liée à la partie la plus intime du moi.

 

Je sais que le monde extérieur existe, mais je sais surtout que j’ai une conscience. Et c’est bien ce que j’ai de plus précieux. Que pourrais-je faire sans elle ? Comment pourrais-je apprécier la beauté d’un paysage, d’une œuvre d’art ? Comment pourrais-je me réjouir de la formidable magnificence de l’univers (alors que je n’ai jamais quitté le plancher des vaches) sans ma capacité à imaginer l’infini ?

 

Parlons en de l’infini. L’infini est-il autour de nous. Quelqu’un peut-il dire « je suis allé voir l’infini l’autre jour, c’était beau ; plus petit que je l’imaginais mais beau ». L’infini ne s’observe jamais. Il est dans notre esprit. Il est transcendant.

Par exemple, regarder le ciel la nuit peut laisser une personne de marbre et provoquer chez une autre une émotion très forte. Cette dernière peut essayer de comprendre et de voir l’univers avec toutes ses étoiles, ses planètes, toutes ses galaxies, comprendre l’infini diversité qui doit se trouver là-haut : des centaines de milliards d’étoiles rien que dans la Voie Lactée qui n’est qu’un « univers-île »parmi des milliards. Tout ceci risque fort de lui donner le vertige. Cependant ce n’est pas seulement le spectacle qui provoque de tels sentiments mais surtout la capacité de l’esprit à transcender la réalité.

Ce qui est beau, ce n’est pas seulement le monde extérieur mais c’est surtout notre esprit. Il possède en lui une formidable propension à admirer, à aimer et aussi à avoir conscience de lui-même. Comment ne pas comprendre que ce n’est pas la chose en soi qui est belle, mais la chose telle que notre esprit la perçoit ?

 

Je propose tout simplement une origine spirituelle à ma dimension spirituelle.

Pour les raisons suivantes :

-         je ne peux comprendre que la matière soit à l’origine de l’esprit[1].

-         par contre un monde où l’esprit (ou plutôt un principe spirituel, si j’ose dire) serait à l’origine de la matière est tout à fait compréhensible.

 



[1] Mais la matière a bien sûr une grande influence sur mes capacités cérébrales. Ainsi il est clair que toutes les fonctions de mon cerveau sont liées aux réactions électrochimiques se produisant au niveau de l’aire de Broca, des lobes frontaux, du corps calleux, de la substance blanche,  grise … mais cela ne signifie nullement que la conscience de soi est le « produit » de ma cervelle (pour le démontrer, il faudrait quele fonctionnement du cerveau soit parfaitement décrit et même, reproduit).

par Miteny publié dans : Réponses et commentaires.
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Jeudi 30 juin 2005

Tu as écrit : « la faculté de 'conscience de soi', le fait que tu aies une 'conscience', une 'sensibilité', une 'subjectivité', dépendent de fait de tout un ensemble de facteurs que nous avons évoqués à de nombreux reprises, qu'il s'agisse des "pré-câblages" génétiques, de la biochimie cérébrale… »

 

Je suis d’accord, il y a un lien très fort entre la machine cérébrale et la conscience. Cela ne signifie pas pour autant que la première soit entièrement cause de la seconde.

J’estime avoir mis en évidence une contradiction, une sorte d’anomalie dans la théorie matérialiste. Il ne suffit pas dire « de fait » pour avoir raison. Il faut prouver.

Mon raisonnement est peut-être, voire sans doute faux, mais je n’arrive pas à trouver la faille. Autrement dit, je n’arrive pas à comprendre pourquoi je suis moi et pas quelqu’un d’autre. Tout simplement parce que j’aurai pu être n’importe qui.

De plus, d’autres hypothèses sont possibles.

On peut par exemple supposer que l’esprit vient de Dieu (conscience éternelle, infinie..) mais a besoin, pour se révéler à lui-même de commencer par être dépendant d’une matière à la fois fragile, brutal et totalement impersonnel, inhumaine.

La matière, qu’est ce c’est ? On ne peut même pas savoir ce que c’est en soi, c'est-à-dire en dehors de la représentation que nous en avons.

Voici un article intéressant pêché sur Internet (site futura-sciences.com news 5132 du 28/12/2004) :

« De deux choses l'une, nous explique le philosophe Nick Bostrom : soit l'humanité est très proche de son extinction, soit vous et moi sommes ("presque certainement") les produits d'une simulation informatique, des personnages de Matrix en quelque sorte, et par définition incapables de savoir si c'est ou non le cas.

Le raisonnement est simple : l'humanité que nous connaissons (si elle ne disparaît pas) parviendra dans relativement peu de temps à produire des ordinateurs et des logiciels capables de simuler l'intelligence et la conscience humaines. Une fois disponibles :

1/ il est plus que probable que quelqu'un décidera de s'en servir.

2/ dans la mesure où ces moyens deviendront de plus en plus faciles à dupliquer, il y aura très vite beaucoup plus d'êtres simulés que d'êtres réels.

Ergo, la probabilité que nous soyons des simulations est très élevée.

Cet argument est représentatif d'un ensemble de "théories de la simulation", portées - sérieusement ou à titre de jeu intellectuel - par quelques dizaines de physiciens (qui étudient notamment l'hypothèse de l'existence de plusieurs "univers parallèles" régis par des lois légèrement différentes), de mathématiciens, de philosophes. »

 

Le raisonnement est à la fois simple et pertinent : nous n’avons pas les moyens de savoir si oui ou non nous faisons partie d’une simulation. On sait déjà que l’information apportée par nos sens peut être reproduit par ordinateur. A quand les mondes entièrement virtuels dans lesquels nous serions plongés 16 heures sur 24 (en attendant 24/24) ?

Si cette hypothèse est vraie alors la démonstration de Descartes pourrait trouver une seconde jeunesse.

-         la matière en soi, on ne sait pas ce que c’est (simulation informatique, particule ?..)

-         par contre, nous savons que nous avons un esprit

-         nous savons aussi que les autres existent et qu’ils ont également la même sensibilité que nous

Partons de nos certitudes pour construire une théorie solide.

Ce que je veux dire, c’est qu’il y a quelque chose d’autre que la matière impersonnel dans la vie de chaque être humain. Tout ce passe comme si l’univers était un système mis en place pour que l’humanité apprenne à trouver le meilleur de sa nature, pour que les consciences puissent se révéler à elles-mêmes pour peut-être n’en former qu’une seule ensuite.

 

C’est facile de dire « mais, c‘est n’importe quoi ! ». N’importe qui peut dire ça. Argumenter, c’est autre chose. L’histoire a montré qu’en général les théories « bien établies » étaient souvent fausses.

Quelques exemples : la terre est le centre du monde, la théorie de la gravité selon Newton… Même la théorie de la relativité n’est qu’une théorie (elle ne s’applique pas pour les très petites dimensions).

 

PS : ne me dites pas « ta démonstration est fausse parce que je l’ai décidé » comme on décide de façon arbitraire que par exemple tous ceux qui ont des chaussures rouges méritent la mort, mais dites moi où elle est fausse, à quel endroit ça dérape.

 

PPS : la conscience est « accrochée » au cerveau c’est vrai. Il y a des liens très forts entre les deux. Pour moi, il s’agirait un peu de 2 choses très étroitement mêlés (il faut encore préciser comment) mais il est ARBITRAIRE de dire le cerveau produit la conscience. Rien ne le prouve.

Si le cerveau est très abîmé, la conscience aussi. Si le cerveau disparaît, la conscience s’en trouve profondément modifié, mais disparaît-elle ?

par Miteny publié dans : Réponses et commentaires.
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Mercredi 29 juin 2005

Je pose une question : où sont les erreurs de raisonnement (citer le numéro de l’étape) ?

 

Qu’est ce qui est unique exactement chez moi (comme chez n’importe qui) ?

Il est vrai que n’importe qui est unique (même des jumeaux ont une expérience de la vie différente). Cependant, le fait que j’ai conscience de moi au sens où je l’ai défini (c'est-à-dire le fait de savoir que je ne suis pas un autre) ne dépend pas de mon histoire, ni de ma naissance.

C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la phrase suivante : Ma conscience n’est pas unique. D’un point de vue objectif, je suis absolument quelconque.

 

Reprenons (étape0) :

-         la « forme » que prend ma personnalité, ma conscience dépend de mon histoire (gènes, éducation, expérience...)

-         le fait que j’ai une conscience, une sensibilité, une subjectivité par contre n’en dépend pas.

 

Je suppose que nous sommes d’accord sur ce point (me dire si ce n’est pas le cas). Ce qui m’intéresse, ce n’est pas ma personne en particulier et ses avatars (lieu de naissance, pays d’origine, taille, sexe, milieu social, caractère, etc..) mais le fait de penser et d’avoir conscience de moi.

 

Etape1 :

Considérons que la conscience en général est un produit de la « machine biologique très complexe et malléable » qu’est le cerveau.

Il existe des millions de machines humaines au sein desquels se produisent des processus sophistiqués dont certains sont à l’origine de la conscience de soi. Je fais partie de cet ensemble.

(étape 1a : peut-on la valider ensemble ?).

 

Etape 1b :

J’en arrive, en faisant cette hypothèse, à considérer ma propre conscience comme un processus parmi tant d’autres. Appelons X le processus qui amène à l’émergence de la conscience (processus très élaboré, sans doute).

 

Etape 1c :

Ce processus existe et est le même pour tout le monde. Je rappelle que le fait d’avoir conscience de moi n’est pas une particularité (étape 0). Je peux donc considérer que X est identique, fonctionne de la même façon pour tout le monde.

On m’a objecté que comme chacun d’entre nous est unique, X n’est pas le même pour tous.

Je suis d’accord, mais d’un individu à l’autre, il ne diffère que par des modes de fonctionnement. X serait un peu comme un logiciel à la structure très élaborée. Il est utilisé différemment au niveau de chaque individu. Très malléable, il peut aussi évoluer au cours du temps.

Mais pour pouvoir faire tout ça, il faut qu’il ait une structure de base, commune à chacun d’entre nous puisque nous avons tous à peu près les mêmes capacités. Sommes nous d’accord ?

 

Etape 1d :

Or ma conscience, X, a quelque chose de fondamentalement particulier pour moi.

Il suffit de prendre l’exemple de la douleur. Quand j’ai mal, je sais que ce n’est pas quelqu’un d’autre qui a mal. Si on ne peut être sûr de ça, de quoi peut-on être sûr ?

Quand on me donne un coup de marteau sur le doigt, quand on me frappe, quand je tombe de vélo, mon corps est heurté, meurtri. L’information « douleur » va jusqu’à la partie du cerveau qui a conscience de moi. C’est à ce moment que moi, conscience, sais que j’ai mal au doigt (par exemple).

Si l’on regarde ces processus de manière objective, il n’y a aucune raison pour qu’ils aient une telle particularité.

 

Etape 1d bis :

Tout processus est un objet, un système que l’on regarde de façon objective, c'est-à-dire extérieur. C’est une suite d’évènements physiques (ou autre) que l’on observe puis éventuellement que l’on explique.

Considérer sa propre conscience comme un objet extérieur (à sa propre conscience) est pour moi un abus de langage, une erreur de raisonnement.

 

Etape2 :

Les idées, les raisonnements, les démonstrations ne prennent « vie » que dans l’esprit des gens. Il n’existe pas d’idée sans que une ou plusieurs personnes la conceptualisent. Une idée pour exister a besoin d’être « pensée », donc d’être pensée par au moins une personne.

Tu as écrit : « Impossible pour quelqu'un d'autre que toi de connaître le sens précis que tu donnes à tel ou tel terme lors d'une discussion philosophique ».

Je suis d’accord : le point de vue totalement objectif n’existe pas. Personne n’a le bon point de vue, le vrai sens de chaque terme. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est si difficile de communiquer.

 

Ma subjectivité est omniprésente. L’objectivité n’est qu’un état passager d’une personne. On essaie d’être objectif lorsqu’on discute sérieusement avec quelqu’un, quand on veut faire des maths (par exemple), mais on est soi toute la journée, toute la vie.

Notre conscience nous transcende, nous enveloppe. Vouloir en faire un « objet », un processus, est (encore une fois) un abus de langage.

 

PS : je ne remets pas en cause les travaux des Churchland.

par Miteny publié dans : Réponses et commentaires.
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Mardi 28 juin 2005

Quelques remarques rapides, j’espère qu’elles feront progresser le débat. Je tiens également à remercier Loïc, Tzenga, Fred pour leurs précieux commentaires. J’espère que vous ne m’en voudrez pas en constatant que je n’ai pas changé d’idée.

 

1) Il semble que vous soyez d’accord sur 1 point. La conscience est le produit d’un processus objectif localisé dans une machine biologique très très complexe : le cerveau (conscience modulaire, c'est-à-dire composée d'un ensemble de sous processus dévolus à des tâches spécifiques…).

On ne connaît pas encore toutes les nuances de cette complexité, mais il y a une chose dont on est sûr. Elle est produite par la matière, la vie, par un mécanisme (d’où le mot machine).

 

2) Loïc a écrit « Et pourtant, ta 'conscience' est unique. Pourquoi ? Parce que ton cerveau est lui-même unique ! »

Non ! Ma conscience n’est pas unique. Il y a des centaines de millions de personnes qui ont conscience d’eux-mêmes. Je ne suis qu’une personne quelconque (certains diraient très quelconque). Je n’ai pas de talents particuliers. Qu’est ce que j’ai de différent ! J’aurais pu être n’importe qui. D’un point de vue objectif, je suis absolument quelconque.

 

3) Je réitère mon raisonnement : pour moi, mon corps, mon esprit a quelque chose de très particulier. Il est le seul dont je ressente les processus physiologiques. Pourtant, (d’un point de vue objectif toujours) je n’ai rien d’extraordinaire. Conclusion : la conscience de soi, l’esprit ne peut pas être seulement le produit d’une machine biologique.

Considérer sa propre conscience comme un produit extérieur (à sa propre conscience) est pour moi une erreur. Nietzsche dit « Quelque chose pense, mais que ce quelque chose soit justement l'antique et fameux "je" n’est qu’une hypothèse ».

Pourtant quand je sais quand même que je suis moi, que je ne suis pas quelqu’un d’autre. Si quelqu’un d’autre a mal, souffre, je peux tourner la tête. Mais si c’est mon corps que l’on maltraite, je ne pourrai pas faire comme si de rien n’était.

Je n’aurai mal que si c’est moi qu’on frappe (et qu’on ne me dise que ce raisonnement n’est pas généralisable, bordel !)

Et là est le mystère. On peut se mettre à la place de quelqu’un d’autre, mais seulement grâce à l’imagination. On peut croire que les pensées viennent d’ailleurs, mais elles ne deviennent réelles pour nous que quand on les intègre à notre esprit. Tzenga a dit fort justement : « Dire que tu m'a convaincu, dire que je t'ai convaincu... Cela peut être tout a fait illusoire, tant les mots sont chargés de choses DIFFERENTES pour toi et pour moi. »

 

 

 

PS : « il s'agit simplement d'une conséquence inévitable des limites de notre langage ». Je ne comprends pas cette phrase. Est-ce à dire qu’il y a des choses qu’on ne peut pas comprendre ?? Pourquoi une telle affirmation ?

par Miteny publié dans : Réponses et commentaires.
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Lundi 27 juin 2005

Mon raisonnement est généralisable tout simplement parce que je n’y ai rien mis concernant mes spécificités. Je n’ai parlé que du sentiment du moi, universel (ou tout du moins qui existe chez une grande quantité de personnes).

Je regroupe sous le terme matérialiste toutes les théories qui postulent qu’un processus objectif est à l’origine de l’existence de la conscience. J’entends par processus objectif tout système impersonnel comme par exemple la matière et ses lois chimiques, électrochimiques, biologiques…

Les nuances existent, je n’en doute pas. Mais toutes les théories ont, je pense, un point commun : elles sont assimilables aux lois physiques, mathématiques… bref à un processus objectif (je me répète parce que je n’ai pas l’impression que ma définition soit si claire).

Tu dis que « selon certains, la conscience, bien qu’elle soit le produit de processus cérébraux, ne peut être décrite intégralement d’un point de vue neurophysiologique ». Je ne comprends pas très bien cette phrase. Quelle est la différence entre « processus cérébraux » et « neurophysiologie ». Je croyais que la neurophysiologie était l’étude des processus cérébraux ?

 

Quoi qu’il en soit, quelque soit la nature de ces processus (pas encore explicitée) leur principale caractéristique est d’être généralisable, impersonnelle. Ils ne peuvent pas dire « moi, je suis le processus Untel, j’habite dans chaque cerveau et mon travail est de faire prendre conscience aux gens qu’ils existent… »

 Fred, tout ce que tu dis est juste. Il est clair que la conscience et le cerveau sont très intimement liés. Cependant, selon ma théorie, la partie la plus noble de la conscience de soi (celle qui se regarde elle-même, qui se transcende – et qui existe sans doute chez les animaux, à des degrés infiniment divers - tout ceci est bien sûr très compliqué comme tout ce qui concerne la nature et la vie) ne peut pas être le produit des processus objectifs et impersonnels que tu décris si bien (synchronisation de neurones, cartes réentrantes, neuromédiateurs, cellules gliales, connexions inter - hémisphériques...)

Car tu seras, je l’espère, au moins d’accord sur un point : ce que tu évoques est assimilable au fonctionnement d’une machine, quelque chose de quasiment mécanique (processus commun à tous les cerveaux que certains scientifiques espèrent pouvoir décrire bientôt).

Quelque soit le degré de complexité de ces processus, les experts cherchent un processus objectif (encore ce mot !), impersonnel. Et c’est ce point que je conteste.

J’aimerais donc (s’il te plaît) que tu t’intéresses aussi à la suite de mon argumentation : la conscience peut-elle être le produit d’un processus objectif ?

 

PS : en ce qui concerne la généralisation, si j’y ai consacré si peu de mots, c’est simplement parce que je ne me trouve rien d’exceptionnel. Je ne suis qu’un gusse parmi tant d’autres (et Manu par exemple, est beaucoup plus intelligent que moi, et aussi plus fort en vélo, au foot…)

 

Réponse à Tzenga : tu dis, en parlant de la conscience de soi, que c’est un état transitoire et éphémère (quelque secondes à chaque fois) qu'il faut essayer de rendre permanent. C’est aussi ce que j’essaie de faire, en essayant d’expliquer au mieux son existence. C’est en cherchant à comprendre que de nouvelles portes s’ouvrent, que la conscience s’éclaire. Ce n’est pas en bloquant son intelligence sur quelques certitudes.

Sauf ton respect, tu me fais penser aux religions qui affirment : « voilà l’explication, voilà la vérité et vous n’accéderez au salut qu’en répétant bêtement et sans arrêt les paroles du livre saint n°3 (parce qu’évidemment il y en a plusieurs, et comme ils disent la même chose mais pas tout à fait, cela suffit à pousser les membres de la secte n°1 à détester les membres de la n°2 etc… mais bon, là n’est pas le sujet)).

Je te demande simplement une chose : admets simplement qu’il est louable d’utiliser la raison (et qu’il faut toujours essayer d’y faire référence).

 

De mon côté, j’ai rabaissé mes prétentions. Je demande simplement à être aidé. Qu’on m’explique en quoi le raisonnement de ma partie 1 est faux. C’est tout. Je ne veux pas imposer mon point de vue aux autres, mais simplement faire évoluer le mien, étape par étape. Et plus on démontera mon argumentation, plus je serai content. Je ne veux surtout pas (ou plus !) que des gens disent « il a raison, suivons le » (c’est horrible, je me transformerais en gourou). Je pense changer le sous-titre de mon blog d’ailleurs.

par Miteny publié dans : Réponses et commentaires.
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Lundi 27 juin 2005

Ce texte a été écrit par Fred dans le but de mettre en évidence les erreurs de mon raisonnement.

 

« Hello,

 

J’ai lu tes réponses et même certaines réponses d'autres personnes (intéressantes).

Ton raisonnement est en partie faux. La conscience ne repose pas sur la matière mais sur une organisation spécifique de la matière : le cerveau. La distinction est d'importance car d'autre organisation de la matière ne présente pas à priori cette propriété (cailloux, choux..).

Tu pourras encore objecter qu'en réduisant à l'extrême on retombe sur des particules mais là encore aucun scientifique ne dit que les particules ont une conscience (d'aucun l'ont dit pour l'eau mais ce n'était que la mémoire...).

La conscience de soi (si on se réduit à cette définition) existe chez les humains, les primates, les dauphins (test de la tâche sur le front de Gallup).

Cependant elle n'est pas innée chez l'humain, elle ne vient qu'après un certain temps (au moins 8 mois car Noam (mon fils) ne réussit pas le test de gallup alors que les chimpanzés adultes oui).

C’est ce que Changeux appelle l'épigenèse (darwinisme neuronale) : stabilisation des structures neuronales en fonction des stimulations extérieures mais en partant non pas d'une tabula rasa (Descartes - voir le mail de soude caustique sur ton blog) mais de précablages propre à notre espèce et spécifique aussi à chacun (génétique).

Te généraliser est une erreur car quid des fous (schizophrènes ou des ahlzeihmer qui n'ont plus consciences d'eux même : ils n'existent plus)*si on coupe le pont de varole reliant les deux hémisphères, on obtient un split brain, la personne n'a conscience que d'un seul côté d'elle même (il y a plein d'autres exemples en neurobiologie) les particules sont interchangeables, pas les cerveaux : ils sont construits des notre naissance et ont une architecture spécifique à chacun de nous (même des jumeaux n'ont pas les mêmes connexions).

C'est d'ailleurs dans les méandres de cette architecture particulière que l'on pense dénicher le comment de l'émergence (synchronisation de neurones, cartes réentrantes, neuromédiateurs, cellules gliales, connexions inter - hémisphériques ....).

Il va te falloir étudier la neuroanatomie en plus sur les esprits externes des scientistes, j'y reviendrais (notion d'intersubjectivité). »

 

par Miteny publié dans : Réponses et commentaires.
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Lundi 27 juin 2005

Si l’humanité continue sur sa lancée, la Terre de 2030 ne ressemblera plus à grand-chose. Beaucoup d’espèces auront disparu, aussi bien dans le monde animal que dans le monde végétal (quelle tristesse).

Nous serons plus de 9 milliards à exercer une pression toujours plus constante sur l’environnement, à vouloir toujours plus d’argent pour pouvoir consommer plus. Quelques uns essaient d’élever la voix, de nous parler d’écologie. Mais les gens s’inquiètent bien plus du prix de l’essence. Peu importe que le CO2 produit par les véhicules soit un puissant gaz à effet de serre. Ce qui compte, c’est que MON niveau de vie ne soit pas altéré.

Certes, il restera quelques zones sauvages au Canada, en Sibérie, en Antarctique. Mais partout ailleurs, pourra-t-on vraiment parler de nature ? Les conditions de vie de l’homme seront-elles agréables dans un tel monde ?

Permettez moi d’en douter. Car une grosse catastrophe n’est pas à exclure. Quels sont les éléments qui m’autorisent à affirmer de telles choses ?

 

Le climat se dérègle, c’est désormais une évidence. Il est très probable que bientôt la température moyenne à la surface du globe soit de 2 à 4 degrés supérieure à celle du 20ième siècle. Cela ne paraît pas beaucoup, mais c’est en fait énorme. Lorsque la température moyenne était de 5 degrés de moins que celle d’aujourd’hui, les glaciers envahissaient les îles britanniques et la France était recouverte par la steppe à mammouths ! Pour moi, il est clair qu’une catastrophe climatique nous pend au nez.

 

La situation géopolitique est tendue. L’arme nucléaire prolifère. Les pays en développement (et en croissance économique rapide) vont vouloir se hisser au rang des puissances occidentales. L’affrontement risque de devenir inévitable. Le fossé séparant les cultures pourrait être trop large pour que la paix et la sécurité soient préservées. Si les ressources manquaient, qui sera le premier servi ? Huit cents millions de Terriens souffrent de famine et ce chiffre va probablement s'aggraver par pénurie d'eau prévisible, stérilisation et désertification de millions d'hectares chaque année, appauvrissement des ressources génétiques, migrations de réfugiés écologiques de plus en plus nombreux qui désorganisent et troublent la paix civile des régions encore autosuffisantes.

 

La montée en puissance de l’individualisme et du libéralisme sauvage est évidente. Que va devenir la solidarité au milieu de cette jungle qu’on nous construit. Je lisais il n’y a pas longtemps sur Internet : « Peut-on expliquer pourquoi, en cinquante ans, la population mondiale n'a que doublé, la famine étant multipliée par dix, malgré les performances technologiques de l'agriculture. Peut-on expliquer pourquoi l'Afrique, qui était autosuffisante au sortir de la dernière guerre mondiale, se trouve aujourd'hui dans une telle détresse alimentaire ? » Peut-être parce que quelques puissants sans scrupule se sont emparés des postes clés pour pouvoir pratiquer en toute liberté leur activité préférée : l’exploitation de la misère en vue de gagner toujours plus d’argent. Je caricature, mais à peine.

Aujourd’hui chacun d’entre nous trouve normal d’avoir une maison, une voiture, du nutella dans son placard et un frigo bien rempli. Les images des enfants mourrant de faim à la télé, des femmes livrés au barbarisme des bandits, des brigands, sur les routes, sans rien, ne nous choquent plus.

Pourtant, « le rendement moyen de ces petits paysans est de 4 à 5 quintaux par hectare. Ce qui est, en apparence, dérisoire face aux performances de l'agriculture industrielle. Pourtant, il suffirait seulement de leur permettre, par des moyens simples, peu onéreux et peu destructeurs, de doubler cette production, soit 10 quintaux par hectare, pour que le miracle alimentaire apparaisse sur la Terre et rende dérisoires les performances des quelques millions d'agriculteurs intensifs qui non seulement polluent l'environnement, mais condamnent leurs sols à la stérilité, à brève échéance."

Nous sommes des larves centrées sur notre petite vie. Nous ne soucions pas de l’humanité en général. Des larves égoïstes, à la conscience ramollie. Une seule chose importe : que MOI je sois bien. L’humanité, on s’en fout (on préfère la confier aux politiques véreux), mais MOI, ça, c’est important.

Partout, au travail, à la maison, à la télé, j’entends ce croassement inconscient « MOUA, MOUA, MOUA », assourdissant d’une masse de débiles qui veut exister (je me mets dedans, rassurez vous).

 

J’écoutais l’autre jour (à la télé ou à la radio) l’histoire d’un psychologue qui sillonnait les écoles maternelles pour faire l’expérience suivante :

Dans un premier temps, il demandait aux jeunes élèves de faire un dessin. Une fois que chaque enfant avait terminé son travail, l’homme les ramassait, les regardait puis choisissait au hasard une oeuvre et donnait à son auteur 10 dollars parce que « c’est le plus beau dessin ». Ensuite il demandait à l’heureux gagnant de faire don de sa récompense à un jeune camarade dans le besoin, « qui souffre ». Dans 80% des cas, le bambin acceptait.

Quelques fois, le psychologue introduisait une variante : au lieu de proposer la récompense à la fin, une fois le vainqueur désigné, il la proposait au début avant que les jeunes commencent à dessiner. Résultat : dans 80% des cas, les élèves, refusaient de donner ce qu’ils considéraient avoir mérité (puisqu’on leur avait promis avant).

Nous ressemblons à ces enfants, pourris par la société de consommation et par l’obsession d’en avoir au moins autant que son voisin. « Pourquoi n’y aurais je pas droit ? » Chacun pense avant tout à s’en sortir. La Terre se débrouillera bien.

Obnubilé par notre nombril, nous ne voyons pas que nous bouchons ainsi notre avenir. Le mur est là, il s’approche.

 

En 2037, j’aurai 65 ans. L’âge de la retraite, le début de la liberté. Le meilleur moment de la vie, à condition qu’on l’ait réussi. Mais j’ai bien peur que pour moi cette période corresponde plutôt à un cauchemar sans nom.

Et puis alors, quelle importance ? Pourquoi est-il important de réussir sa vie ? Que l’on m’explique.

par Miteny publié dans : L'avenir.
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Vendredi 24 juin 2005

L’objectif de ce paragraphe est de déterminer si « la matière et les lois empiriques qui la contrôlent sont cause de la conscience » (il faudra que je précise bien sûr ce que j’entends par conscience).

 

Je vais étudier mon cas particulier, en considérant qu’il est généralisable (pourquoi ne le serait-il pas ?).

 

 

Mon raisonnement.

 

I.a) Il est généralement admis dans le monde scientifique que les mouvements de matière et d’énergie (flux d’ions, stimuli électriques…) du cerveau sont les seuls phénomènes qui permettent d’expliquer l’existence de la conscience en général et de la mienne en particulier.

 

I.b) Si la proposition I.a est vraie, les seuls différences que je devrais constater entre mon cerveau et celui d’un autre seraient (dans cette hypothèse) entièrement déterminé par les caractéristiques physiologiques de l’un et de l’autre.

Et cela est vrai si je me place d’un point de vue objectif, c'est-à-dire si je considère mon esprit, ma conscience en tant qu’objet extérieur à mon raisonnement. Ainsi, j’arrive à la conclusion souhaitée : ma conscience est le produit de cette sorte de machine qu’est le cerveau.

 

I.c) Cependant, quelque soit le raisonnement que je fais, c’est toujours moi qui le fais : n’importe quel idée ou suite d’idées est un état de ma conscience.

Au cours de ma journée, au cours de ma vie, mon esprit, mon « moi » passe par toutes sortes d’états. J’adopte des points de vue puis les abandonne pour en adopter d’autres…

Mais quoi qu’il arrive, une chose est immuable : j’existe. J’ai conscience de moi. C'est-à-dire que je sais que je ne suis pas quelqu’un d’autre. Je sais qu’il existe une différence entre l’expérience directe que je fais de la vie et l’expérience que font les autres de la leur (qui ne peut que m’être rapporté). Je sais que je suis moi et que c’est moi qui pense quand je pense.

Les raisonnements sont communicables, et c’est très bien comme ça. Mais quand on comprend un raisonnement, on se l’approprie. Il est en quelque sorte transformé. Notre conscience « joue » à se confondre avec lui, mais ne disparaît pas pour autant. Le raisonnement impersonnel n’existe pas. Et c’est la raison pour laquelle considérer sa propre conscience comme un objet extérieur, un produit, est pour moi une erreur grossière.

 

 

I.d) Par conséquent, il serait plus juste de considérer qu’effectivement mon corps, mon cerveau et surtout ma conscience ont quelque chose de très particulier et fondamentalement différent pour moi.

Ils ne peuvent donc pas être simplement le produit d’une machine.

 

 

 

Perspectives.

 

Le processus de n’importe quelle démarche scientifique passe par la mesure, l’outil, mais aussi par la critique de la fiabilité de l’outil (ce qu’ont fait par exemple les créateurs de la théorie de la mécanique quantique). Or chaque scientifique est un être humain, doté d’un esprit logique, dont il se sert assidûment. N’est-il pas alors légitime de s’interroger sur la validité de cet instrument ? Les scientistes prétendent faire d’eux-mêmes des objets extérieurs qu’ils peuvent analyser comme n’importe quel particule ou système. Cette démarche est-elle vraiment rigoureuse?

Je ne le crois pas. Et je voudrais qu’on me dise pourquoi mon raisonnement est faux ou abusif. Je demande à mes lecteurs de ne pas trop se préoccuper des détails ou des mots (souvent trop mal choisis) mais de comprendre l’esprit de mon propos, qui peut se résumer en une question : pourquoi ne suis-je pas quelqu’un d’autre ?

 

PS : de deux choses l’une. Soit mon raisonnement est faux et il faut que je m’en débarrasse au plus vite (il me fait souffrir). Je demande donc de l’aide.

Soit mon raisonnement est vrai. Dans ce cas, je ne comprends pas pourquoi la science n’y a pas pensé plus tôt, c'est-à-dire pourquoi on en entend si peu parlé dans les émissions scientifiques (lesquels ne se privent pourtant pas de parler de big-bang, d’évolution, de hasard et de nécessité comme si elles avaient à faire passer un message subliminal (Dieu n’existe pas) sans en parler ouvertement… c’est très vicieux).

Cet état de choses me fait également souffrir.

 

par Miteny publié dans : Démonstration.
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Jeudi 23 juin 2005

L’objectif de ce paragraphe est de déterminer si « la matière est cause de la conscience ». J’utiliserai pour ce faire une méthode rigoureuse et rationnelle, en procédant étape par étape.

 

  

I.1. Définitions.

 

Voici les définitions que je me permets de préciser (ou d’introduire). J’espère que vous les trouverez pertinentes.

 

La matière.

J’entends par « matière » tout ce qui est du ressort du monde sensible, à savoir cet ensemble formé par les diverses particules (et autres ondes) découvertes par les scientifiques. Cet univers est régi par des lois physiques et mathématiques, universelles. En effet, rien n’est plus semblable à un atome qu’un autre atome. Rien n’est plus semblable à un courant électrique… qu’un autre courant électrique…

 

La conscience.

La conscience peut se définir comme étant cette « chose » qui nous permet d’avoir des idées et de pouvoir dire « j’existe », de pouvoir ressentir ce sentiment si particulier (et si propre à chacun) qui est celui du « moi ». Bref, ce qui nous permet de nous différencier de « l’autre ».

 

 

 

I.2. Quelques propositions.

 

Proposition 1a : « La conscience est universelle. Autrement dit, son existence au sein d’une personne ne s’explique ni par l’acquis, ni par l’inné. ».

 

Proposition 1b : « La matière et les lois qui la gouvernent sont impersonnelles et générales. ».

 

Proposition 1c : « Quelques soient mes idées, mes pensées, ma vie, je serai toujours coincé dans une seule et même entité : moi. Mon corps a donc quelque chose de très particulier pour moi. Mon cerveau par exemple, est le seul cerveau dont je ressens les mouvements électrochimiques. »

 

  

 

I.3. Démonstrations.

 

Proposition 1a.

J’aurais pu être chinois, indien, africain, j’aurais pu être une femme ou un handicapé (etc..), n’importe qui, et avoir toujours conscience de moi.

Je pense que sur ce point, tout le monde sera d’accord. Celui qui contesterait ceci serait dans l’obligation d’affirmer que certains humains n’ont pas conscience d’eux-mêmes et ne savent donc pas qu’ils existent ! (Cette supposition horrible a déjà été formulée… notamment par les partisans de l’esclavage).

Par conséquent, le fait de savoir que je suis moi ne dépend ni de mon origine, ni de la façon dont j’ai été éduqué. La conscience est universelle. Il n’y a donc rien, ni dans mes gènes, ni dans l’environnement qui a forgé ma personnalité, qui soit à l’origine de l’existence de ma conscience.

CQFD

 

Proposition 1b.

Cela est évident. En effet la physique se base sur la science mathématique pour expliquer le monde. Or cette dernière est par nature impersonnelle. Tout objet mathématique a une définition précise : si deux objets ont la même définition, ils sont égaux.

De plus il est absurde d’affirmer que les lois de la physique ne sont pas les mêmes d’une personne à l’autre (leur ressentiment sans doute, mais cela est une autre histoire).

CQFD

 

Proposition 1c.

Est-il vraiment nécessaire de démontrer de telles évidences ? Il faut comprendre que quelque soit notre raisonnement, nos idées, chacun d’entre nous reste bloqué dans sa conscience. Si nous pouvons nous considérer nous-même en tant qu’être humain quelconque, c’est seulement grâce à notre imagination, notre capacité de transcendance.

CQFD

 


 

I.3. Examen de l’hypothèse matérialiste.

 

Formons l’hypothèse que l’origine de la conscience (humaine, voire animale) est d’ordre physique. C'est-à-dire que les mouvements de matière et d’énergie du cerveau sont les seuls phénomènes qui permettent d’expliquer l’existence de la conscience en général et de la mienne en particulier. Cet état de choses est généralement admis dans le monde scientifique.

 

Selon la proposition 1b, il n’y a aucune raison qu’il existe une différence entre mon corps et celui d’un autre, entre mon cerveau et celui d’un autre.

Or, si l’on considère la proposition 1c, c’est le contraire que l’on constate. Mon corps, mon cerveau, mon âme enveloppent totalement ma conscience. Je ne peux m’en libérer. Il existe, de fait, une énorme différence entre mon corps et celui d’un autre.

De plus, selon la proposition 1a, il est absurde d’affirmer que je suis le seul être humain à avoir conscience de moi.

Par conséquent, affirmer que « les mouvements de matière et d’énergie du cerveau sont les seuls phénomènes qui permettent d’expliquer l’existence de la conscience » est absurde, illogique : cette hypothèse débouche sur une contradiction flagrante.

 

 

I.4. Conclusion et perspectives.

 

La déduction précédente, chacun de nous peut se l’approprier. Cependant, elle pose un problème. Car si la matière cérébrale (et avec elle les lois de la physique) n’est pas à l’origine de la conscience, qu’est ce qui explique son existence ?

Doit-on admettre que la conscience ne peut être conçue que par une autre conscience, divine celle-là ?

C’est la question à laquelle j’aimerais qu’on me réponde. Mais avant cela, il me faut intégrer toutes les remarques concernant cette première étape. Il ne faudrait pas que, dès la partie 1 de mon raisonnement, je m’engage sur une fausse piste.

par Miteny publié dans : Impressions diverses.
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