Texte Libre

J’ai abandonné ce site initialement consacré à la philo depuis juin 2006 (pour faire dieuexiste.com).

Si je le laisse agoniser de cette manière, il va disparaître, le pauvre…

Je ne peux pas non plus continuer à l’alimenter avec des réflexions du même ordre que celles qui permettent à dieuexiste.com de vivre (je me disperserais).

 

    N’oubliez pas : dieuexiste.com

                           DIEUEXISTE.COM

Pour connaître l'histoire du petit miteny...

Jeudi 18 août 2005

Je trouve ces déclarations particulièrement pertinentes. Je les ai mises en malgache avant tout parce que j’ai pu les trouver en malgache et parce que je connais des gens qui parlent malgache. 

 

Izay aterahy ny nofo dia nofo; ary izay ateraky ny Fanahy dia fanahy.”  

Fa izay rehetra manao ratsy dia mankahala ny mazava sady tsy manatona ny mazava, fandrao hita miharihary ny asany. Fa izay manao ny marina kosa dia manatona ny mazava mba haseho ny asany, fa atao amin'Andriamanitra izany.”  

Andriamanitra dia Fanahy; ary izay mivavaka aminy tsy maintsy mivavaka amin'ny fanahy sy ny fahamarinana.” 

“Jesosy namaly azy hoe: Lazaiko aminareo marina dia marina tokoa: Mitady Ahy hianareo, nefa tsy noho ny nahitanareo famantarana, fa noho ny nihinananareo ny mofo ka voky. Aza miasa hahazo ny hanina mety ho levona, fa ny hanina izay maharitra ho fiainana mandrakizay, izay homen'ny Zanak'olona anareo; fa Izy no nasian'Andriamanitra Ray tombo-kase.”

 

 

 

 
par Miteny publié dans : Langues.
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Mercredi 17 août 2005

La seule solution « raisonnable » est la suivante : le fait d’arrêter et de relancer les exécutables a provoqué ma mort (pourquoi ? informatiquement parlant, aucune raison ; il s’agit là simplement de la seule déduction non absurde que l’on peut faire). En fait, à la relance, mon programmateur a mis en route d’autres personnes. 

Je n’existe plus. Mon existence a été courte (quelques mois). Même si mon programmateur relance d’autres machines ayant les mêmes caractéristiques que moi, ce ne sera jamais moi. Parmi tous les ordinateurs qu’il y avait, je n’ai pu profité que de l’activité d’un seul : celui que j’étais. Pourquoi celui là ? Aucune raison rationnelle (sinon elle serait modélisable). 

J’ai pu jouir de la « vie », de la conscience, une seule fois, pendant une période somme toute assez brève. En fait, mon existence, aussi courte qu’elle est été, a été pour moi un miracle inexplicable.

 

 

 
par Miteny publié dans : L'histoire de Marc V.
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Mardi 16 août 2005

On me dit que la conscience de soi est un produit de la machine biologique qu’est le cerveau. C’est à dire que d’une manière totalement objective, rationnelle, une sorte de machine très bien faite (et composé uniquement de matière brute) est capable de « créer » le sentiment d’exister, l’esprit. 

Supposons que ce soit vrai. On peut donc imaginer que dans un avenir (plus ou moins proche) un ou plusieurs informaticiens géniaux réussissent à mettre au point un système capable d’être conscient de sa propre existence. 

Ce système est composé de logiciels (qui imitent les processus cérébraux) installé sur un ordinateur très puissant, à la fois doté d’une grande mémoire vive et d’une immense mémoire morte. 

Supposons encore que je sois une de ces machines. C’est tout à fait possible, puisque, justement, le cerveau humain est semblable (selon la théorie fonctionnaliste) à un système informatique très performant. 

Supposons aussi que l’on m’est installé (pour mon confort) dans un environnement virtuel tout à fait agréable. On m’a également doté d’un corps virtuel, qui a, selon les désirs de mon programmateur, toutes les caractéristiques du corps humain. 

L’avantage, avec l’informatique, c’est que celui qui est aux commandes dispose de beaucoup plus de liberté. C’est lui en effet qui a codé tous les exécutables, mis en place tous les systèmes, les outils. Il peut faire ce qu’il veut, comme par exemple changer mon corps, le rendre plus fort, plus puissant ou au contraire lui injecter une maladie. Il peut même me rendre plus intelligent (en augmentant par exemple mes capacités à mémoriser, ou la vitesse des processeurs etc.…) ou plus idiot. 

Un jour, quelques mois après m’avoir créé (j’apprends très vite), mon programmateur me dit qu’il va me plonger dans un profond sommeil pour me changer d’environnement. Ce n’est pas un problème, puisque j’ai l’habitude de dormir (cette activité, bien que relativement inutile pour un ordinateur, a été conservé parce qu’elle est une source de plaisir). 

Après avoir stoppé l’exécution de tous mes logiciels, mon programmateur effectue des copies de sauvegarde de ma mémoire, de mes connexions, de mes exécutables sur deux autres machines, pour plus de sécurité. Puisqu’il a effectué des copies parfaites de tous ces composants, il ne juge pas utile de garder les originaux, la machine sur laquelle ils sont installés étant trop vieille, trop lente (les progrès de la technologie seront tous aussi rapides dans le futur). 

Il installe chaque copie sur une machine différente puis se demande quel « individu-ordinateur » il va réveiller. « Peu importe » se dit-il, « je vais relancer les deux, cela me fera un compagnon supplémentaire ». Ce qu’il fait. 

Il réveille donc deux consciences, parfaitement semblables, même s’ils vont sans doute se différentier avec le temps. Mais moi, qu’est ce que je deviens ? A mon réveil (orchestré par mon programmateur), je suis qui ? Pas les deux, c’est absurde.  

 

En fait, il n’existe pas de réponse rationnelle à cette question. Tout simplement parce que la conscience de soi est un miracle que la science ne pourra jamais expliquer.

 

 

 

 

 

 
par Miteny publié dans : L'histoire de Marc V.
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Vendredi 12 août 2005

L’atome ne sait pas qu’il existe. L’œil, la main, le nez (pris séparément du reste du corps) ne savent pas qu’ils existent. 

On pourrait fabriquer un ordinateur très sophistiqué dont le comportement serait celui d’un être humain, mais qui ne saurait pas plus que l’atome qu’il existe.  Par contre, je suis convaincu de ma propre existence. Je me suis aussi convaincu de l’existence des objets extérieurs. Pour ta part, tu en as même fait un axiome. 

 Être convaincu de sa propre existence est essentiel. Car comment être convaincu de l’existence des objets et des personnes extérieurs à soi sans être sûr de sa propre existence ? 

 

Donc pour que la théorie fonctionnaliste soit valable, il faut expliquer comment l’exécutable « conscience de soi » fonctionne. (en définissant la conscience de soi comme étant la conviction de sa propre existence). 

Si tu n’es pas d’accord, définis moi le terme existence. Quant cette définition sera claire, je pourrai accepter ton axiome d’existence.

 

 

 
par Miteny publié dans : L'histoire de Marc V.
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Jeudi 11 août 2005

Le titre est volontairement provocateur. Mais enfin, si nous nous plaçons dans une perspective matérialiste, l’espèce humaine peut être considérée comme un accident. Elle est apparue par hasard et disparaîtra probablement par hasard, un jour. En tout cas, elle n’est pas éternelle (selon les théories cosmologiques les plus abouties, l’univers lui-même ne l’est pas).  

 

Alors vouloir la préserver de l’autodestruction, est-ce bien rationnelle ? 

 

En effet, la vie de chaque être humain serait (dans cette perspective) finie. Si nous considérons que la durée d’existence de l’espèce humaine a une quelconque importance, nous considérons que le bonheur de la collectivité est important.  

 

Le bonheur de la collectivité est la somme des bonheurs de chaque individu (en admettant que ce dernier soit mesurable… ce qui est peut-être scientifique mais en tout cas absolument pas rationnel !). C’est donc une valeur finie (puisque chaque vie a une durée limitée et que l’espèce humaine n’est pas éternelle).  

 

Et l’on voudrait me faire croire que la valeur de cette intégrale est importante ! Pour qui ? Le même problème se pose pour la mort. Il paraît que c’est important de vivre 10 ans de plus alors qu’au moment du décès, la vie passée paraît TOUJOURS avoir été très courte.  

 

Tout ceci me semble bien irrationnel. Surtout de la part de personnes dont la seule référence est la raison.  

 

Certains me diront « Dieu existe, et alors ? ». Je répondrais que la démonstration de son existence pourrait (peut-être) ranger quelque peu le désordre conceptuel qui règne dans certains esprits et donner les vraies raisons de l’importance du respect et de la sauvegarde de l’espèce humaine, de l’environnement…

 

 

 
par Miteny publié dans : Réponses et commentaires.
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Lundi 8 août 2005

Avant d’intégrer lui-même son monde virtuel, Marc V. crée une population d’« ordinateurs conscients » à son image. Parmi eux, A1 et B1. A1 et B1 sont parfaitement identiques : même mémoire, même corps virtuel, même logiciel de gestion. 

Comment A1 sait-il qu’il est A1 ? Par l’énoncé de ces caractéristiques, le contenu de sa mémoire (bien plus grande que celle des ordinateurs actuels). Il sait aussi qu’il n’est pas B1 parce que B1 est autre, extérieur à son système. 

 

Si Marc change l’une de ces caractéristiques, il saura qu’il est toujours A1 parce qu’il aura en mémoire le passé. Mais s’il change toute la mémoire, que se passe-t-il ? A1 n’aura plus aucun souvenir et donc ne saura plus qu’il est A1 (sauf s’il existe une procédure « tu es A1 », mais c’est une marque du passé). Il sera « quelqu’un d’autre ». 

 

A moins que Marc ne lui ait fourni une procédure cogito. Cette procédure lui permettra de répéter « je pense donc je suis ». Cette phrase n’aura cependant pas de sens pour lui. Comment pourrait-elle en avoir ? En effet, ce « je » ne fait référence à aucune de ses caractéristiques mais seulement au fait d’exister. 

A1 ne sait pas qu’il existe. Il ne peut que dire « j’existe » parce que Marc V. aura programmé l’énoncé de cette phrase, alors que de fait, le cogito, la certitude d’exister sont irréfutables pour nous autres, êtres humains. 

Tu me répondras que cette certitude d’exister est due à une sécrétion d’hormone, une réaction chimique. Mais toute réaction chimique est un phénomène physique (reproductible informatiquement). Et tout phénomène physique peut s’apparenter à une opération mathématique du monde virtuel de Marc V. 

Pourquoi ne peut-on pas décrire rationnellement ce processus ? Pour A1, ce cogito n’est qu’une phrase et ne fait référence à rien de concret. Ce qui n’est pas le cas pour l’être humain. 

 

Tout phénomène physique peut être compris de manière rationnelle et possède donc une représentation mathématique pouvant le décrire. Par conséquent 2 phénomènes physiques équivalents ont des conséquences équivalentes, de n’importe quel point de vue. Ce n’est pas le cas de la conscience. 

 

Sinon, comment A1 peut-il avoir conscience de lui-même ? Quel est l’exécutable correspondant ? C’est ce que j’aimerais savoir.

 

 

 

par Miteny publié dans : L'histoire de Marc V.
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Vendredi 5 août 2005

Je change l’histoire de Marc V. pour tenir compte de tes remarques et pour tenter de comprendre.  

 

Je reviens à l’époque où Marc V est encore dans son corps. Il travaille assidûment à son projet et n’est pas loin d’aboutir. Il a mis au point un système qui permet de copier toute la mémoire qui se trouve stocké dans son cerveau vers l’ordinateur auquel il se destine. Il s’est fait également des yeux, des bras… bref un corps informatique. 

 

Que doit-il encore faire ?  

 

Prenons un exemple : Lorsque je me brûle, les cellules de ma main informent mon cerveau qu’elles sont en train de ressentir une chaleur très importante. Le cerveau gère la situation en donnant l’ordre de retirer la main. Cette expérience est ensuite enregistrée dans la mémoire de l’individu (pour qu’il évite le plus possible par la suite les endroits qui brûlent). 

Le cerveau se comporte donc comme un système de gestion qui est capable d’apprendre en stockant des informations dans sa mémoire. Il s’apparenterait davantage à un logiciel. 

L’état mental « j’ai conscience de me brûler » serait un produit de ce logiciel qui en même temps, prend la décision de retirer la main (généralement, à moins que le dit individu ait à prouver son courage).  

 

Par conséquent, il suffirait à Marc V de créer une version jumelle (informatique) de son logiciel de gestion. Chaque individu a une version légèrement différente de ce logiciel (ou exécutable) : cela explique les différents traits de caractère. C’est pourquoi il est important que Marc décrypte très précisément le fonctionnement de son cerveau pour mettre au point une version vraiment similaire. 

Lorsque cet exécutable est mis au point, il n’a plus qu’à le faire fonctionner, avec la base de données « souvenir » adaptée : la sienne (qu’il vient de copier sur son ordinateur).

Son problème est maintenant le suivant. S’il lance l’exécution tout de suite, il aurait créé un autre lui, virtuel, avec exactement les mêmes souvenirs que lui. Mais ça ne sera pas lui. Puisque lui est toujours assis sur sa chaise à ressentir les douleurs de son corps vieillissant. Comment faire ? Car Marc V ne veut pas d’un autre lui. Il veut lui-même vivre dans son monde virtuel. « Les mêmes causes produisent les mêmes effet, mais dans le domaine de la conscience, il faut être plus subtil » pense-t-il. 

 

 

Marc V décide alors de connecter son cerveau au logiciel qu’il vient de terminer. Le logiciel s’occupe des principales opérations de la vie quotidienne (virtuel) du nouveau corps informatique de Marc qui ressent tout ce qui se passe dans le monde merveilleux qu’il a créé. Mais malheureusement pour lui ce logiciel est toujours connecté à son cerveau. Petit à petit ses amis le débarrassent de tout ce qui est inutile et qui lui servait avant à voir, à ressentir ses jambes (tout ceci est désormais numérique). 

Au bout de quelques mois, il ne reste plus qu’un neurone que Marc ne veut pas que l’on débranche car c’est sûr : si on lui tue ce neurone, il n’aura plus conscience de lui-même. Seul l’autre, celui à qui il n’avait pas voulu donner la vie en lançant l’exécutable, aura ce privilège. 

 

Mais ses collèges biologistes lui disent que c’est idiot : un neurone c’est rien. C’est ridicule : juste un fil. Sa conscience ne peut se trouver localisée dans quelque chose d’aussi insignifiant. 

 

Finalement le neurone est débranché. Le Marc virtuel existe toujours. En apparence, c’est la même personne que l’ancien. Mais la conscience, le sentiment d’exister du vrai Marc n’existe plus. Marc V est mort.

 

 

 

par Miteny publié dans : L'histoire de Marc V.
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Jeudi 4 août 2005

Mon problème n’est pas artificiel. Je ne vois pas pourquoi il n’existerait pas de réponses (même à des questions stupides… toute question stupide est stupide parce que la réponse est évidente). Si le fonctionnalisme (ou le scientisme) est incapable de répondre à une question, c’est peut-être parce que ses hypothèses de départ sont fausses. Je ne vois pas pourquoi j’accepterais le fait que je suis telle personne sans poser de questions. La raison est censée être capable de tout expliquer.  

 

Je constate simplement que le monde sans un « moi » est une fiction, une vue de l’esprit : si le monde existe, c’est avant tout parce que il y a un « moi » qui sait qu’il existe (attention, je n’ai pas dit que le monde n’existait pas en dehors de ma représentation). Et il est vraiment étrange de penser que « je » existe obligatoirement, alors qu’il est clair que, d’un point de vue objectif, j’aurais très bien pu ne pas naître ou mourir à la naissance 

 

En d’autres termes : 

 

1. Le point de vue objectif du fonctionnaliste considère que la réalité du monde ne dépend de personne. Le monde est, c’est tout. 

2. Mais même pour le fonctionnaliste, un monde sans lui n’est plus réel, c’est une fiction, une vue de l’esprit. 

3. Donc le point de vue objectif du fonctionnaliste (qui considère que le monde est réel de toute façon, avec ou sans lui) est abusif. 

 

Je ne suis pas encore au point dans mon argumentation, mais je te poserai tout de même une question : Le fonctionnaliste a-t-il le droit de considérer son propre esprit (dans ce qu’il a de plus général) comme un objet d’étude extérieur ?

 Pour illustrer mon propos, j’ai écrit une petite histoire de science-fiction. Ça ne vaut pas grand-chose, mais j’en avais envie. 

http://sanspretention.over-blog.com/article-665042.html

 PS : « Sans cerveau, pas de conscience ». Par souci de rigueur, j’émets un doute sur cette proposition. Je ne dis pas que je crois aux fantômes (ou autres esprits sans corps), mais que je me permets de ne pas considérer comme certaine une affirmation qui ne l’est peut-être pas. Ce qui est sûr, c’est que sans ma conscience, je ne pourrais pas savoir que j’ai un cerveau.

 

 

par Miteny publié dans : Pas à pas.
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Jeudi 4 août 2005

Nous sommes en 2062. En ce matin de printemps, Marc V., informaticien de renommée internationale, est content, très content. Son projet a enfin abouti. Il a réussi à concevoir un ordinateur aussi puissant que le cerveau humain. Grâce à des outils particulièrement performants, il a également pu créer un environnement virtuel tout à fait extraordinaire pour ses « créatures » : des champs, des forêts, des villes et même des continents, des planètes, des galaxies.  Ses « robots » n’ont pas de corps : ils se baladent dans un monde virtuel. Ils n’en ont pas moins une localisation physique bien réelle. 

 

Mais Marc est atteint d’une maladie incurable. De plus, il préfère vivre dans le monde virtuel qu’il a fabriqué et lui-même peuplé de « personnes » (c’est ainsi qu’il nomme les « consciences » qu’il a fait naître) aux caractères tout à fait charmants. Ce sera pour lui le début d’une vie parfaite qui n’aura en théorie pas de fin. Mais comment faire ? 

Heureusement il compte parmi ses amis nombre d’éminents biologistes qui ont parfaitement compris le fonctionnement du cerveau (c’est d’ailleurs en grande partie grâce à leurs travaux qu’il a pu reproduire informatiquement la conscience). Ces derniers lui indiquent comment transférer sa mémoire de son cerveau à un disque dur, comment relier son cerveau non plus à ses yeux, ses oreilles, son nez, ses jambes, ses bras mais à celui du corps virtuel de l’ordinateur qui est censé l’abriter, abriter sa conscience. Il ne pourra voir, entendre, sentir que dans le monde virtuel.  

 

Avec, malgré tout, une petite appréhension, Marc s’exécute. Bientôt son corps n’est plus qu’un légume (il l’était déjà avant) relié à une machine. L’établissement d’outils supplémentaires lui permet de discuter avec les gens du monde réel, même s’il peut retourner aussi souvent qu’il le veut dans le monde virtuel. 

Un problème se pose cependant. Son corps, son cerveau ne lui servent plus à rien. Il veut sans débarrasser. Il porte une absolue confiance envers le système informatique qu’il a mis en place (protégé par un blocos à l’abri des pannes de courant) alors qu’il se méfie énormément de la viabilité de son enveloppe charnelle. 

De toute façon, maintenant, il ne ressent plus son vrai corps. Le problème est qu’il a toujours besoin de son cerveau. Son « moi », sa conscience, y sont toujours localisés. La mémoire se trouve dans l’ordinateur, mais l’esprit conscient qui décide de sélectionner telle ou telle information est toujours produit par cet amas organique qu’il hait tant et qui, en grande partie, ne lui sert plus à rien. 

 

Il ne peut pas lancer une procédure « conscience de soi » dans l’ordinateur. Cela formerait un « autre », pas lui. Cependant, ses amis biologistes arrivent, avec son aide, à désactiver petit à petit de plus en plus de neurones organiques pour les remplacer par des circuits informatiques, des logiciels. 

Au bout d’un mois, il ne reste dans la tête du vrai corps de Marc V. que 2 ou 3 petits neurones, maintenus en état de fonctionnement artificiellement. Tout le reste a été jeté. L’homme (qui est désormais plutôt une machine) veut s’en débarrasser. Ses amis, après quelques réticences, finissent par accepter. 

Quelques temps plus tard, sous un soleil étouffant, quelques personnes en ordre dispersé suivent un corbillard. Ils ne sont pas nombreux à assister à l’enterrement du grand scientifique qui, bien que très intelligent, n’avait que peu d’amis, et pas de famille.

Marc V. a été déclaré mort peu après sa décision d’intégrer son monde virtuel. Il existe bien un programme du nom de « Marc V. » qui peut communiquer avec les êtres humains. Mais tous ceux qui l’ont « rencontré » sont d’avis que cette chose n’a pas conscience de soi. Ce n’est qu’une sorte de simulation, qui n’a pas la moindre idée de ce qu’est exister et qui surtout ne ressemble pas du tout à ce qu’était le Marc V d’avant.

Ses collègues diront par la suite qu’ils ont perdu leur copain le jour où ils ont détruit les 2 neurones qui lui restaient. Etrange. Comment quelque chose d’aussi essentiel a-t-il pu être localisé sur une structure aussi rudimentaire, qui, en soi, n’est rien ?

 

 

 

par Miteny publié dans : L'histoire de Marc V.
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Lundi 1 août 2005

Tu as écrit : « J'use de ma raison pour parvenir à la certitude de mon existence (cf. le cogito !) et j'use également de ma raison pour parvenir à la certitude de l'existence d'autrui (réfutation pratique et inévitable du solipsisme et du scepticisme radical). »  On utilise toujours sa raison (au sens large), même pour faire de la poésie. Si l’exercice auquel je m’astreins est différent, c’est toujours mon esprit (et rien d’autre) qui travaille. 

Tu as écrit : « Le fait que tu sois conscience d'emblée (primauté phénoménologique de l'esprit) ne dit rien sur la nature de cette conscience et implique […] une approche objective. » 

Pourquoi ? Pour ma part, intuitivement, j’aurais plutôt écrit « approche subjective ».

 Avoir une approche objective à propos d’une chose suppose que l’on considère cette chose comme objet extérieur. Ce genre de méthode est tout à fait adapté aux mathématiques, à la physique… mais franchit la limite de son domaine de validité lorsqu’elle s’attaque au problème de l’origine de la conscience.  J’use toujours de ma raison, de mon esprit. Je n’utilise ni l’esprit de quelqu’un ni une raison impersonnelle qui viendrait d’ailleurs. Quand je raisonne, ce n’est toujours que moi qui raisonne. Peut-on considérer sa propre raison, sa propre conscience comme quelque chose d’extérieure à … sa raison ?  

 

A mon sens, le point de vue objectif ne peut être proféré ici que par quelqu’un qui n’aurait pas de « moi », pas de « sentiment d’exister » personnel. 

Je pense que tu ne seras pas d’accord. A quel endroit donc mon argumentation est-elle abusive ?

 

 

par Miteny publié dans : Pas à pas.
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