Je suis désespéré. Je n’ai pas d’autre choix, il faut que je change de boulot. Mais avant de resombrer dans les aléas de la jungle qu’est la société, j’ai envie de tenter autre chose. Et cette autre chose prend la forme d’un pari.
Mon idée est saugrenue (voire ridicule) et provoquera sans doute le mépris (ou la moquerie) de beaucoup de personnes. Mais peu importe (j’aimerais ne pas recevoir trop d’insultes quand même), j’ai envie de débattre, de discourir.
Avant toute chose, il me faut faire une étude de marché, c'est-à-dire un sondage. Qui est volontaire pour relever le défi dont le règlement est le suivant ? (ou simplement pour me donner son avis sur cette initiative pour le moins prétentieuse).
REGLEMENT DU PARI «
LA CONSCIENCE DE SOI EST UN MIRACLE ».
Article 0 : présentation du projet.
L’existence de Dieu est souvent considérée comme une hypothèse, une croyance ou, au pire, une affabulation. De mon côté j’ai toujours pensé que celle-ci était démontrable, c'est-à-dire qu’il appartenait à la science de s’occuper de cette question. Beaucoup de gens disent croire en Dieu, mais il s’agit le plus souvent d’une accoutumance culturelle. Cette foi s’apparente à de la superstition, et ceux qui se disent rationnels se proclament la plupart du temps également athées (il est vrai que l’on compte généralement plus d’amoureux de la vérité chez ces derniers que chez ceux qui se satisfont d’une croyance plus ou moins floue).
Ces raisons (et quelques autres) m’ont poussé à imaginer le pari suivant : montrer que la conscience de soi est un miracle, autrement dit qu’il est impossible pour la science d’expliquer son existence. Une partie de l’enjeu du pari est financière puisque je propose une récompense à ceux qui seront capables de prouver que mon affirmation est fausse. De cette façon j’intéresse les gens à la question (enfin j’espère).
D’autre part, je compte demander aux personnes qui se seraient portés candidat mais qui n’auraient pas réussi à mettre en évidence mon erreur une petite somme d’argent (c’est ainsi que fonctionnent les paris, non ?). Cette petite somme d’argent sera dans un premier temps remise en jeu (si j’ose dire). Par la suite (si je ne perds jamais mon pari), je pense éventuellement investir la somme gagnée dans le financement d’une école à Antanimora (sud de Madagascar).
Article 1 : objet du pari.
L’objet du pari est la démonstration du caractère irrationnel de l’existence de la conscience de soi, bref que l’apparition de cette dernière peut être considéré comme un miracle. Mais, pour que cela soit bien compris, il me faut préciser les sens des termes « conscience » et « miracle » (entre autres). J’évoquerai ensuite en quelques lignes le corps de ma démonstration.
La conscience. La conscience peut se définir comme étant ce qui nous permet d’avoir des idées et de pouvoir dire « j’existe », de pouvoir ressentir ce sentiment si particulier (et si propre à chacun) qui est celui du « moi ». Bref, ce qui nous permet de nous différencier de « l’autre », de savoir que l’on existe.
Le miracle. Le miracle est quelque chose (le plus souvent un évènement, un fait ou une réalité) que la science ne peut expliquer. Autrement dit, le miracle n’est pas modélisable, il n’est le résultat d’aucun système régi par des équations mathématiques qu’il soit physique, biologique, électronique…
Bref résumé de ma démonstration. Je propose une démonstration par l’absurde. Supposons que la conscience soit modélisable, bref que les mouvements de matière et du cerveau soient les seuls processus à l’origine de cette conscience. C’est l’hypothèse fonctionnaliste.
Or :
1. Selon cette hypothèse, n’importe quel processus est le fait d’éléments physiques, biologiques ou électroniques qui sont mis en action.
2. Si on a 2 exécutables (par exemple 2 moteurs) tout à fait semblables et si on les met en route de la même manière alors ils feront la même chose.
Mon argument principale est le suivant : les mêmes éléments quand ils sont mis en route produisent les mêmes effets. Ce n’est pas ce que l’on constate par exemple avec moi et mon clone : moi, je reste moi, et mon clone un nouveau « quelqu’un d’autre ».
Nous débouchons sur une impasse.
Article 2 : déroulement des débats.
Les débats se dérouleront de la façon suivante : je poserai des questions simples et celui qui se sera porté candidat devra proposer une réponse en moins de 15 minutes. La réponse devra être claire, argumentée et correspondre à la question posée. Les réponses hors sujet ne pourront pas être considérés comme des réponses (l’enjeu du pari me semble suffisamment clair). Les questions et les réponses seront écrites pendant le débat (pour ainsi constituer un compte-rendu qui sera signé et photocopié).
En cas de désaccord majeur, le point de discorde sera soigneusement noté, en vue d’un éventuel procès.
Sont proscrits : les insultes, les violences (même verbales), la mauvaise volonté...
A l’issue des débats, deux alternatives sont possibles :
1. le candidat reconnaît son échec ou décide d’abandonner. Il devra alors signer un document par lequel il reconnaît ne pas souhaiter poursuivre les débats et me verser la somme B.
2. Je reconnais mon échec ou mon erreur. Je me verrai alors dans l’obligation de verser la somme A au candidat qui aura su mettre en évidence mon erreur (et de signer le document correspondant).
Il faut bien comprendre que la décision d’abandonner est pour moi assimilable à un échec.
Article 3 : profil des candidats retenus.
Je me réserve le droit d’accepter ou de refuser une candidature. Pour être retenu, il est préférable d’être un athée convaincu (en étant par exemple un fervent partisan du fonctionnalisme). Je ne veux en effet pas soutirer d’argent à des gens qui seraient soit croyant, soit trop peu sûr de leurs convictions et de leurs connaissances.
Pour se porter candidat, il faudra au moins présenter ses principaux arguments sur ce blog. Pour l’instant, il n’est pas encore possible de se proposer.
Article 4 : enjeux financiers du pari.
La somme A sera généralement comprise entre 700 et 1000 Euros. B variera entre 70 et 150 Euros. Ces deux sommes seront précisées à la signature du règlement.
Article 5 : organisation.
Dès que j’ai accepté un candidat, nous nous fixons un rendez-vous dans un lieu public (café, parc …) de Toulouse, voire de Marseille, Paris, Mende ou Le Havre si je considère que le déplacement en vaut la chandelle. Une fois les présentations faites, chacun des deux protagonistes signe le règlement (en deux exemplaires). Les débats pourront alors commencer selon le schéma de l’article 2. Il est fortement conseillé d’amener au moins un témoin, aussi bien d’un côté que de l’autre.
On va me trouver très orgueilleux ou alors absolument grotesque ou totalement inconscient, et on aura raison. Mais être payé pour ridiculiser un petit prétentieux, c’est l’idéal non ?
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