Texte Libre

J’ai abandonné ce site initialement consacré à la philo depuis juin 2006 (pour faire dieuexiste.com).

Si je le laisse agoniser de cette manière, il va disparaître, le pauvre…

Je ne peux pas non plus continuer à l’alimenter avec des réflexions du même ordre que celles qui permettent à dieuexiste.com de vivre (je me disperserais).

 

    N’oubliez pas : dieuexiste.com

                           DIEUEXISTE.COM

Pour connaître l'histoire du petit miteny...

Vendredi 6 mai 2005

Si j’ai bien compris, les scientistes (autrement appelés matérialistes) pensent que la notion d’existence est intimement liée à celle de matière. Ainsi, ce qui existe avant tout, ce sont les atomes, les objets, les corps gazeux, bref tout ce dont on peut prouver la réalité par l’expérience scientifique. La pensée n’est qu’une manifestation subjective de l’activité physiologique du cerveau. Pour ces gens là, le cerveau n’est qu’un gros ordinateur et rien d’autre. Le monde est fait de matière et d’énergie. La conscience n’est plus qu’une réaction chimique : des molécules en interaction, de la matière en mouvement.

La présence de l’homme n’est donc que fortuite. Il n’y a aucune volonté, aucun dessein divin qui pourrait nous aider à répondre à l’interrogation suprême : « à quoi sert-on ? ».

Mais cette vision des choses ne me semble pas rationnelle. Elle occulte totalement la question que se pose tout être à un moment ou à un autre de sa vie : pourquoi moi ? Cette impression étrange de ne pas comprendre pourquoi on vit, pourquoi on souffre. Ce sentiment si personnel, comment le relier à l’explication scientiste (et simpliste) de l’origine du monde ?

Pour être un scientifique rigoureux, il faudrait se poser la question suivante : l’instrument grâce auquel je tire mes conclusions est-il fiable ? La Logique reste-t-elle logique en dehors de la conscience ? Ne devrais-je pas faire un peu de métaphysique avant de faire de la physique ?

par Miteny publié dans : Impressions diverses.
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Vendredi 6 mai 2005

J’aurai voulu vivre il y a 20000 ans. Certes, le climat était beaucoup plus froid qu’aujourd’hui. Les glaciers recouvraient le nord de l’Europe jusqu’en Angleterre. La steppe remplaçait la forêt jusqu’en Chine et en Amérique du Nord. Mais les hommes étaient beaucoup moins nombreux et la faune beaucoup plus riche.

Imaginez ! La France peuplée de mammouths, bisons, aurochs, ours, chevaux, mégacéros (cerfs aux bois immenses), lions, hyènes… C’était un pays plus riche qu’une réserve africaine actuelle. Il y avait à cette époque des lémuriens géants et des oiseaux éléphants à Madagascar. Le diprotodon et le thylacine étaient encore abondants en Australie. L’Amérique du sud avait son éléphant, son panda et d’autres animaux fantastiques comme le doedicurus, espèce de char d’assaut vivant de 4 mètres de long (il ressemblait un peu à l’ankylosaure). Il y avait des paresseux géants (aussi lourds qu’un éléphant), des rhinocéros laineux, des éléphants nains et des mammouths géants, des ours des cavernes, des loups géants, des tigres à dents de sabre, des lions des cavernes (plus gros que le lion actuel)… Et j’en oublie.

Les hommes vivaient de chasse et de cueillette. Ils ne cultivaient pas et étaient plutôt nomades. Je crois qu’ils étaient vraiment heureux : peu nombreux, ils avaient beaucoup de place et savaient s’accommoder de la rudesse d’une existence au grand air. D’ailleurs cette période dite « préhistorique » a duré des dizaines voire des centaines de milliers d’années. On s’émerveille de la longévité de l’Egypte antique qui n’a duré que 3000 ans mais que dire alors de celle de la civilisation paléolithique ?

Brutalement le climat s’est réchauffé il y a environ 9000 ans. Les glaciers ont fondu et le niveau des mers est monté d’une centaine de mètres. Les hommes se sont mis à cultiver la Terre (comme Caïn) et alors la diversité animale a commencé à faire ses bagages. A peine quelques milliers d’années plus tard, l’écriture est inventée, la machine infernale est lancée. Aujourd’hui, elle va plus vite que jamais. La révolution néolithique a donc tout changé. Pour le bien de l’humanité ?

par Miteny publié dans : Le paradis a été perdu.
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Vendredi 6 mai 2005

Il paraît qu’il faut que j’aille voir le psychologue : il arrive en effet que ma façon de m’exprimer révèle quelque névrose dont il serait urgent de se débarrasser. Pourquoi ? Je ne sais pas. J’aurais bien une idée : enrichir ces charlatans de psys.

Ces guignols ont dans leur besace un argument de poids : le BONHEUR. Il faut être heureux. Le bien-être est sacré. C’est le dieu de la société capitaliste. Et moi, simple numéro de sécurité sociale, je me dois de me prosterner devant lui. Sinon, c’est que je ne vais pas bien, c’est sûr.

Avant, les barbares avaient au moins droit à la raison. Certes, ils avaient d’autres dieux, mais c’est parce qu’ils étaient ignorants. Aujourd’hui, ceux qui ne s’agenouillent pas devant la bête ont forcément au moins une maladie mentale au nom compliqué. Si tu oses ne serait-ce que poser la question « pourquoi ? », tu verras une tripotée de soi disant médecins venir te proposer une psychothérapie.

L’immonde bestiole en question dispose d’un arsenal complet pour marquer de son nom le front et la main droite : télévision (en particulier TF1), experts de tout poil (astrophysiciens pour t’expliquer d’où vient l’univers, anthropologues pour t’apprendre que tu descends du singe, psychologues pour que tu souries tous les jours, ingénieurs pour te fabriquer un monde meilleur et plus sûr, etc…), politiques (qui sont généralement de vrais grands malades. Pourquoi on ne les soigne pas, eux ?), etc.…

Tant de prodiges accomplis au nom du saint progrès. Et la bête sait mieux que n’importe quel dieu se débarrasser de ses ennemis : Elle les guérit !

Mais en fait, je ne sais toujours pas pourquoi je dois être heureux. Est-ce que c’est si important ? Proposez moi une réponse plus convaincante que « Ah bah toi, tu te poses des questions bizarres. T’as jamais voulu faire comme tout le monde. Ah la la la la ! ».

par Miteny publié dans : Mon identité.
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Vendredi 6 mai 2005

De nos jours, pour paraître vraiment rationnel et moderne, il faut revendiquer l’athéisme. Il faut être sûr que l’espèce humaine est l’aboutissement heureux d’une évolution fortuite et rire doucement des pauvres naïfs qui croient encore en Dieu et qui sont, c’est évident, des personnes superstitieuses et trop fragiles qui ne supporteraient pas que le monde et leur vie n’aient pas de sens, que la mort soit une fin définitive ou que tout simplement ils ne puissent plus revoir un proche ayant été envoyé trop rapidement ad patres. De plus, pour beaucoup de gens, il est inimaginable qu’un dieu puisse obliger ses créatures à vivre dans un monde aussi injuste et cruel.

Selon les athées, la matière est origine non seulement de tout ce qui existe mais aussi de tout ce qui vit. C’est l’hypothèse de base, irréfutable. A l’instar de Démocrite, ils pensent que "tout ce qui existe dans l'univers est le fruit du hasard et de la nécessité."

L’univers est apparu au moment du big-bang. Au début il était infiniment petit : ce n’était presque rien, peut-être juste une information. Puis il s’est mis à grandir très vite (période dite de l’inflation). Par la suite son expansion s’est ralentie, les galaxies et les étoiles sont apparues. Les étoiles les plus massives se sont rapidement effondrées sur elles-mêmes en formant des éléments plus lourds que l’hydrogène et l’hélium primordiales (à savoir carbone, oxygène, fer, or…). Plusieurs milliards d’années après le big-bang, quelque part dans la Voie Lactée, un nuage de poussière interstellaire enrichi par le travail des étoiles précédentes a donné naissance à notre système solaire. Par un heureux hasard, une planète tellurique (la Terre) s’est trouvée à une distance idéale de son soleil. Sur son sol a pu alors apparaître la vie. Cette vie a évolué lentement, pendant des centaines de millions d’années, jusqu’à l’homme (en passant par l’australopithèque, l’homo habilis, l’homo erectus…).

Voilà, tout s’explique clairement (même si, ici, je n’ai pas exposé dans le détail toutes les étapes[1]). Certes, certains doutes peuvent de temps à autre surgir : par exemple, la très grande sophistication du corps humain pose question. Surtout son cerveau. Il pourrait paraître idiot de penser qu’il n’a pas été créé, qu’une intelligence extérieure n’est pas à l’origine de cette machine formidablement bien conçue.

 

 

Mais en fait, il me faut bien comprendre qu’il est l’aboutissement de centaines de millions d’années de sélection naturelle. L’évolution pourrait être comparé à un gigantesque algorithme génétique : sélection, reproduction, apparition de nouvelles « fonctionnalités » par mutation etc. Ces sortes de programmes informatiques fonctionnent très bien et pourraient presque convaincre n’importe quel créationniste de l’erreur dans lequel il se trouve enlisé.

 

C’est donc ainsi que la nature, par tâtonnements successifs, a réussi à « mettre au point » le cerveau humain, si développé qu’il est capable de se penser lui-même. Si puissant qu’il essaie de comprendre son propre fonctionnement. Si « intelligent » qu’il crée la conscience de soi, étrange processus chimique et électrique qui me fait me penser moi-même.

Sur Terre, il y a en ce moment plus de 6 milliards de têtes qui produisent de la conscience, de la réflexion, du rêve, des émotions. Certains sont en train de dormir, d’autres pensent intensément ou prennent simplement du bon temps… Mais tous sont comme moi des êtres sensibles dotés a priori des mêmes facultés. Tous ont dans la boîte crânienne une sorte de machine formidablement efficace : le cerveau.

Mes nouveaux amis les scientifiques n’ont pas encore totalement résolu le mystère de son fonctionnement mais ils ont une certitude : cet « organe » fonctionne de la même façon chez tout le monde, grâce aux mêmes réactions physiologiques. Le cerveau est une sorte d’ordinateur très performant au sens où ce sont, comme pour les machines, des mouvements de matière et d’énergie qui lui permettent de « penser ». Beaucoup sont d’ailleurs convaincus qu’il sera bientôt possible de fabriquer des logiciels informatiques doués de conscience : leur puissance de calcul sera telle qu’ils pourront déduire autant de choses (et même beaucoup plus) que nous. Ils seront très malins. Ils pourront dire qu’ils existent, comment, pourquoi…

Mais en auront-ils vraiment conscience ? Si oui, cela signifie que j’aurai très bien pu être dans « la peau » d’un robot, d’une machine. C’est tout de même surprenant. Pourquoi suis-je dans la peau d’un être humain ? Je peux très bien m’imaginer être quelque chose ou quelqu’un d’autre. Pourquoi ma conscience n’est elle pas « attachée » à une IA infiniment savante ? Je ne comprends pas. Le hasard de ma naissance me paraît bien étrange (d’autant plus étrange, qu’en général, les scientifiques n’aiment pas les coïncidences[2]).

 

 

 

 

Car enfin, la matière est une substance inerte qui n’obéit qu’aux lois de la physique (et de la logique, puisque la physique est logique. Il serait totalement non scientifique de penser le contraire) : les mêmes causes produisent les mêmes effets. Ainsi, si nous prenons au hasard 2 ordinateurs naturels, 2 cerveaux (le mien et celui d’un voisin par exemple), les mêmes processus devraient aboutir aux mêmes résultats. C’est d’ailleurs effectivement ce que l’on constate, à une nuance près : pourquoi est-ce que je ne ressens que le fonctionnement de mon cerveau, de l’ordinateur qui est dans MA tête ?

 

Ce dernier doit avoir une particularité que les autres cerveaux (qui sont faits comme le mien, c’est sûr et universellement admis) n’ont pas. La question paraît saugrenue. Mais, en toute objectivité, si je ne suis sensible qu’aux opérations électrochimiques de mon cerveau, n’est ce pas l’expression d’une différence, d’une originalité ?

En d’autres termes, j’éprouve quelques difficultés à comprendre pourquoi je (en tant que conscience de moi) suis dans cette peau là. Comme tous les êtres humains, je suis capable d’une certaine transcendance. Celle-ci me permet de me considérer avec une certaine objectivité, de me comparer aux autres, de constater que je ne suis qu’un parmi des milliards, de comprendre ma finitude, bref en quelque sorte, de « sortir » de moi. Je suis capable de comprendre que j’aurais très bien pu être quelqu’un d’autre, n’importe qui.

Cette conscience de moi, ce regard que j’essaie de porter sur mes banales particularités se demande : qu’ai-je à voir avec ce corps là ? Je pourrais très bien ressentir les émotions et les douleurs de celui-là ou de celle-là. Pourquoi ne suis-je pas né en Afrique ? Pourquoi ne suis-je pas issu d’une famille plus aisée (ou moins aisée) ?

Pourquoi ? La matière est censée être un simple mécanisme qui ne fait aucune différence entre ses atomes, ses ondes, ses transferts d’énergie : un proton reste un proton qu’il soit ici ou ailleurs, dans ma tête ou dans celle de ce pauvre enfant qui meurt de faim à la télé et dont la souffrance n’est pas moins intense que celle que je pourrai ressentir dans sa situation.

Comment expliquer à quelqu’un qui est dans la peine que sa détresse est purement chimique et qu’à la limite il suffirait de quelques bons inhibiteurs pour qu’il ne ressente plus rien, que l’origine de son malheur n’ait plus d’importance. Quelle valeur aurait la vie dans ces conditions ?

 


 

Avec les hypothèses scientistes (pourtant souvent admises), je ne peux m’empêcher de penser que je débouche sur une contradiction. J’arrive peut-être à expliquer le monde mais je n’arrive pas à expliquer ma propre conscience. Or c’est bien ce que j’ai de plus précieux. Que pourrais-je faire sans elle ? Comment pourrais-je apprécier la beauté d’un paysage, d’une femme ou d’une œuvre d’art ? Comment pourrais-je me réjouir de la formidable magnificence de l’univers (alors que je n’ai jamais quitté le plancher des vaches) sans ma capacité à imaginer l’infini ?

 

Peut-être devrais je renoncer au point de vue scientiste et purement matérialiste, atomiste. Car il existe une autre façon de voir les choses qui paraît plus rationnel : celle de Descartes. Ce philosophe du 17ième siècle a adopté une méthode de travail pour le moins rigoureuse : douter de toute information parvenant à sa conscience, à commencer par celles fournies par ses sens. Pourquoi ne pas le faire ? Il a en effet tout à fait le droit de se poser la question : puis-je avoir confiance dans les informations soumises à ma bonne foi ?[3] La critique des données, un point essentiel pour n’importe quel domaine d’étude.

 

Ainsi fait-il l’hypothèse que le monde actuel est entièrement fictif, manipulé par des démons qui me trompent sur la vraie réalité du monde sensible. Peut-être que les autres ne sont que des pantins qui bougent seulement quand je les regarde. Peut-être que tout ceci n’est qu’un rêve, un théâtre.

Cette hypothèse peut paraître plus proche du délire paranoïaque que de la démarche scientifique, et pourtant… Rien ne peut prouver le contraire. Qui oserait prétendre qu’il est sûr de ne pas être la marionnette d’un grand jeu du genre Matrix ?

Pour vous montrer que le raisonnement emprunté à Descartes n’est pas idiot, voici un article intéressant pêché sur Internet (site futura-sciences.com news 5132 du 28/12/2004) :

 

« De deux choses l'une, nous explique le philosophe Nick Bostrom : soit l'humanité est très proche de son extinction, soit vous et moi sommes ("presque certainement") les produits d'une simulation informatique, des personnages de Matrix en quelque sorte, et par définition incapables de savoir si c'est ou non le cas.

Le raisonnement est simple : l'humanité que nous connaissons (si elle ne disparaît pas) parviendra dans relativement peu de temps à produire des ordinateurs et des logiciels capables de simuler l'intelligence et la conscience humaines. Une fois disponibles :

1/ il est plus que probable que quelqu'un décidera de s'en servir.

2/ dans la mesure où ces moyens deviendront de plus en plus faciles à dupliquer, il y aura très vite beaucoup plus d'êtres simulés que d'êtres réels.

Ergo, la probabilité que nous soyons des simulations est très élevée.

Cet argument est représentatif d'un ensemble de "théories de la simulation", portées - sérieusement ou à titre de jeu intellectuel - par quelques dizaines de physiciens (qui étudient notamment l'hypothèse de l'existence de plusieurs "univers parallèles" régis par des lois légèrement différentes), de mathématiciens, de philosophes. »

 

Le raisonnement est à la fois simple et pertinent : nous n’avons pas les moyens de savoir si oui ou non nous faisons partie d’une simulation. On sait déjà que l’information apportée par nos sens peut être reproduit par ordinateur. A quand les mondes entièrement virtuels dans lesquels nous serions plongés 16 heures sur 24 (en attendant 24/24) ?

Finalement, quelques scientifiques ont réussi à monter sur la première marche du raisonnement cartésien. Peut-être arriveront-ils à monter sur la deuxième ? (mais celle-ci est plus haute, son escalade plus ardue).

Ces gens là arrivent sans difficulté à imaginer que la réalité dans laquelle nous baignons soit en fait virtuelle. Quelqu’un nous manipulerait. Qui ?

Une civilisation plus avancée technologiquement sans doute (la probabilité que les civilisations infiniment plus avancées que la nôtre existent est très forte[4] ; et il est quasiment certain que leurs systèmes informatiques sont bien plus performants que les nôtres).

Remarquons que nous ne sortons pas de l’hypothèse scientiste puisque la question de la conscience de soi n’est absolument pas abordée. Il est même dit (avec une assurance à la limite de l’arrogance) que les ordinateurs parviendront dans « relativement peu de temps » à simuler la conscience humaine.

Mais que nous apprend la philosophie cartésienne ? Qu’il faut se méfier des certitudes. Dans sa tentative de doute absolu, universel, Descartes nous montre qu’il est possible (et conseillé) d’avoir un jugement très critique à propos des affirmations qu’on nous présente trop souvent comme des vérités inaliénables.

Mais il nous montre également qu’il est impossible de douter de … son doute : pour douter, j’ai besoin de pouvoir penser. Cette conclusion rejoint l’interrogation que j’avais plus ou moins introduite précédemment. Il faut sérieusement douter de l’affirmation selon laquelle notre conscience proviendrait uniquement d’obscurs mouvements de matière. Ce doute est possible (plusieurs alternatives sont imaginables), et même légitime. Par contre, douter du fait que l’on doute est impossible (cette assertion est presque une Lapalissade).

Toutes les doctrines, les croyances qui sont élaborées sur Terre le sont par des esprits humains, des consciences qui oublient qu’ils ont justement une conscience. Doutons de tout. Je pourrai toujours douter de n’importe quel résultat physique, de n’importe quel hypothèse scientifique, de n’importe quelle sincérité, mais jamais je ne pourrai douter du fait que… je doute.

 

"Le doute n'est pas au-dessous du savoir, mais au-dessus." écrivait Alain.

 

On peut même aller un petit peu plus loin et dire que c’est plus exactement la pensée que l’on devrait considérer comme inaliénable. Le doute en pleine action, c’est de la conscience de soi, de la pensée. Douter de l’existence du monde sensible ou se demander « pourquoi je suis moi ? », c’est prendre conscience que l’on est avant tout une conscience. Cette conscience, que l’on appelle aussi l’esprit, ne peut pas être un produit de la matière, un produit d’une simulation informatique ou d’une quelconque autre stimulation électrique. Elle est « cause de soi », comme dirait les philosophes.

J’aimerais réussir à démontrer de manière scientifique (un peu comme on démontre que le soleil doit son énergie à la fusion régulière d’atomes d’hydrogène) que l’esprit n’est pas un principe second, un principe « produit » mais LE principe premier c'est-à-dire ce dont il appartient à la nature d’exister.

Il ne serait pas possible de le considérer comme n’existant pas.

 

 

 

 

 

Quelle est l’origine de cette capacité de transcendance, de regard sur soi ? D’où vient l’esprit ? Je suis très largement insuffisant pour prétendre être ma propre cause. Il est déjà très évident que le monde extérieur a une cause totalement étrangère à ma conscience. Que nous vivions à l’intérieur d’une simulation informatique ou pas, notre existence pose question et nous devons chercher la réponse.



[1] Voir articles précédents.

[2] Plusieurs coïncidences dans l’univers (notamment à propos des valeurs des grandes constantes de la physique) sont encore inexpliquées par les scientifiques. Mais selon moi, ces coïncidences sont ridicules à côté de celle concernant le hasard de mon existence.

[3] Lire Le discours de la méthode par René Descartes.

[4] Voir encore une fois les articles précédents.

par Miteny publié dans : Métaphysique.
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Vendredi 6 mai 2005

Nous venons de voir que l’existence de Dieu en tant qu’esprit est plus que probable. Bref, nous serions des consciences, des âmes, destinées par Dieu à devenir Dieu (en gros). Autrement dit, le fait que j’ai conscience de moi est la seule réalité dont je ne puis douter. De tout le reste je me dois de douter (et surtout de tout ce qu’on essaie de nous faire avaler de force) : je garderai donc toujours un œil critique sur tous les modèles et sur toutes les explications qu’on me proposera (et que je proposerai !).

Cette hypothèse (qui est pour moi plus qu’une hypothèse) doit avoir des conséquences pour la société humaine. Elle devrait servir de guide à tous nos contemporains dont la vie n’est qu’une errance, une recherche désespérée du divertissement.

Car le monde que j’observe est pour le moins affligeant. On pourrait le partager en 2 : d’un côté les « matérialistes nihilistes » qui ne pensent qu’à trouver le moyen de se faire une place au soleil (avec tout ce qui faut), et de l’autre les « matérialistes superstitieux » qui prient un faux dieu pour obtenir cette même place au soleil. Certes la « place au soleil » idéale diffère suivant les personnes et les passions qui les animent. Mais (triste conséquence) le pouvoir est, depuis des lustres, entre les mains d’une catégorie de gens dont la principale caractéristique est une ambition malsaine. A commencer par le pouvoir religieux.

En effet, qui n’a pas constaté que la parole des prophètes, souvent emprunt d’une grande sagesse, s’est trouvée très déformée par les institutions religieuses. Ils ont enfermé la vérité dans une boîte, un discours fini, mort. Ils n’ont su qu’imposer des dogmes, des croyances au peuple avide d’explications faciles. Mais pourquoi la religion ou la politique devraient être « faciles » ! Le fonctionnement du corps humain est-il « facile » lui !

 

 

 

 

par Miteny publié dans : Religion.
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Vendredi 6 mai 2005

Dieu, un être infini et parfait auquel on ne peut attacher aucun « accident ». Attention, j’entends par accident, toute aliénation d’une idée parfaite.

Ainsi vous pourrez demander à n’importe quel scientifique, pour eux l’infini n’existe pas : il n’a aucune réalité matérielle. Mais pourtant l’infini existe, au moins dans notre tête. Et c’est lui qui, continuellement, nous aide à penser, car il nous donne la référence, que l’on aliène systématiquement.

Nous ne sommes que des êtres spirituels attachés à un monde certes très matériel, mais qui n’existe pas. C’est quand notre conscience tente de s’approcher de Dieu qu’elle existe « plus ». Comme dirait Hegel : « La pensée n’ayant rien hors d’elle a ce rien hors d’elle ; ne laissant rien hors d’elle, elle ne laisse être que ce rien. »

Généralement, c’est le contraire qui est admis. La matière est éternelle alors que nous autres, pauvres êtres humains, sommes éphémères. Mais il s’agit peut-être d’un artifice de la logique, une erreur par manque d’analyse. Peut-être que seul l’esprit est éternel et qu’il n’y a rien en dehors de lui.

par Miteny publié dans : Métaphysique.
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Vendredi 6 mai 2005

Comment chacun se représente le monde ? En fonction de ses influences, de son éducation, de son caractère. Car il faut une représentation. Celle-ci vient naturellement. Les pensées se révèlent en grande partie par la parole, le discours. Comme il n’est pas possible pour un être humain vivant de ne pas penser, il ne lui est pas possible de ne pas avoir de « représentation du monde ». Cette dernière peut être floue, mais elle existe. Elle conditionne la façon dont nous définissons notre identité : Combien de chances ai-je d’être maoïste si je nais dans une famille pauvre et rurale de la Chine des années 40 ? Certainement plus que si je nais aux USA dans les années 80. Combien de chances ai-je d’être musulman intégriste si je nais dans la province Poshtou de l’Afghanistan durant ces mêmes années 80 ? Certainement plus que si je suis le fils de Georges Bush.

Alors, comprenez vous ce que je veux dire par « l’environnement conditionne notre représentation du monde » ?

Prenons un bébé, quelconque. Son caractère sera très différent, suivant l’éducation qu’on lui aura donnée. J’ai souvent été frappé de voir à quel point les enfants adoptés pouvaient ressembler à leurs parents adoptifs. Ils ont été façonnés par eux. Pour peu que l’enfant ressemble physiquement à ceux qui l’ont accueilli et que ces derniers ne lui disent pas la vérité, il pourra passer sa vie à vivre selon le même conditionnement (celui de sa famille) sans jamais être influencé par sa région ou sa famille d’origine. Il pourra être catholique intégriste, babacool, braqueur de banque… Cela ne dépendra que de son « conditionnement » (en l’occurrence le hasard de l’adoption), c'est-à-dire quelque chose qu’il n’aura a priori pas choisi. Ces propos sont bien sûr à nuancer. Ce n’est pas exactement vrai. Mais néanmoins, c’est en grande partie ce qui arrive. Où est alors la liberté de l’individu dans ce cas là ?

Alors, est-il possible de se défaire de cette influence ? Ne serait-ce pas ça la liberté : essayer de comprendre dans quelle mesure nos opinions ou nos comportements ne sont pas simplement des produits de notre éducation (ou d’autres affects encore moins nobles) ? Spinoza a beaucoup écrit à ce propos. Selon lui, la recherche de la sagesse consistait précisément à tenter d’acquérir la vraie liberté.

Il ne faut pas définir sa personne selon un discours aliéné. La représentation que l’on a du monde n’est pas « la bonne » a priori. Prétendre que la vérité se trouve de façon définitive dans le petit livre rouge, la Bible ou le Coran est forcément faux. Lié son identité à celui d’une nation ou d’une région n’est pas non plus très malin (cf « les imbéciles heureux qui sont nés quelque part » de Brassens).

L’opposition entre les différentes façons de voir les choses est la plus puissante source de guerres, d’injustices, de massacres. Lisez le récit du génocide juif ou arménien. L’horreur de ces tueries est indescriptible. Si l’homme en arrive à ces extrémités, c’est parce que sa volonté d’absolu est entièrement dirigée vers un objectif qui ne peut contenir l’absolu.

Il est prêt à renoncer à tout ce qui fait de lui un homme pour défendre des idées (que ce soit le communisme, l’intégrisme, un nationalisme quelconque…) qu’il place au dessus de tout. Il les considère comme parfaites, c'est-à-dire éternelles. Mais elles ne le sont pas. Souvent désemparé, ayant la volonté de trouver l’absolu mais ne le voyant nulle part dans la nature, l’homme se fabrique une perfection. Il se trompe. Surtout quand il ne cherche pas plus loin que le bout de son conditionnement, toujours plus ou moins aléatoire (c'est-à-dire non maîtrisé). Des idées ridicules (surtout quelques années après) sont présentées comme étant LA solution. Les masses sont manipulées par des beaux parleurs aux motivations inavouables.

Si je suis français c’est aléatoire. Si mes parents étaient communistes, catholiques ou musulmans, ce serait également aléatoire (la plupart du temps, on ne peut pas le nier). Mais par contre, le fait d’avoir conscience de soi ne l’est pas. Si je dois chercher mon identité, c’est ce chemin que je dois suivre. Pourquoi ai-je conscience de moi ? Comme disait Descartes, le monde actuel est peut-être entièrement fictif, manipulé par des démons qui me trompent sur la vraie réalité du monde sensible. Mais quoi qu’il arrive, on ne pourra jamais me faire douter que je pense. Car pour douter, j’ai besoin de pouvoir penser.

Et c’est à l’intérieur de cette Pensée dans laquelle je baigne jour et nuit, dans laquelle des idées vont et viennent, traversent mon esprit, que se trouve l’idée de la perfection, de l’infini, de l’éternité. Comment ne pas comprendre que l’infini n’est pas physique, n’est pas dans la nature ?

Nous sommes des consciences. Et l’origine de cette conscience ne peut pas se trouver dans la matière (voir le petit paragraphe sur l’esprit). La matière en elle-même n’est rien. Elle n’existe que parce qu’on la conceptualise (cela ne veut bien sûr pas dire qu’elle est en notre pouvoir).

Quand le scientiste dans son petit labo se met au dessus du monde, au dessus de l’univers et affirme : «  les atomes en s’entrechoquant créent la conscience et arrivent à se penser eux-mêmes… fascinant !! », il considère qu’une seule condition est nécessaire : que les atomes soient rangés dans une machine très bien élaborée, en l’occurrence le cerveau humain.

Mais il oublie que toute sa petite théorie, il n’y a réfléchi que grâce à un seul cerveau : le sien. Pourquoi le sien seulement et pas celui du voisin, a priori aussi bien conçu. Lui qui semble capable de tant de transcendance, pourquoi ne cherche-t-il pas à résoudre cette énigme : sa tête a quelque chose de vraiment original par rapport à celle de son collègue. Elle est la seule dont il ressent le fonctionnement. Ces atomes là doivent vraiment être particuliers.

Et pourtant, ils ne devraient pas. Ce n’est que de la matière, après tout (d’après les scientistes, précisons le). C'est-à-dire quelque chose de très basique. On ne sait pas vraiment quoi, mais en tout cas, c’est quelque chose de profondément, infiniment idiot. Quelque chose qui ne pense pas…

 

Peut-être que ce scientiste ne veut pas comprendre que l’hypothèse fondatrice de sa théorie est fausse. En fait, la matière ne précède pas l’esprit. De la même façon, notre conscience peut être autre chose que le produit d’un conditionnement. Il faut essayer de comprendre le monde d’une autre manière. La méthode rationnelle n’a rien de choquant, au contraire. Il faut avancer en respectant l’idée de la vérité.

Et ce faisant, nous comprenons que l’homme ne « naît » vraiment que lorsqu’il ne pervertit plus ses idées d’infini et d’absolu dans une quelconque parole aliénante. Il lui faut arrêter d’adorer la forme : comme les égyptiens idolâtraient des statures représentants des animaux, beaucoup de nos jours idolâtrent des discours affirmant « la perfection est ici ! » ou « la vérité a pris forme chez moi ». Aucune « forme » ne pourra atteindre l’absolu ; c’est bien pour ça que Spinoza les nommait « accident ». L’accident est souvent aléatoire, un peu comme notre représentation du monde, le plus souvent.

par Miteny publié dans : Mon identité.
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